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En 2020, souriez, vous êtes fichés !

09/12/2020

ARTICLE. Depuis janvier, le gouvernement a publié cinq décrets (dont trois vendredi 4 décembre) visant à élargir ou faciliter le fichage des citoyens, en fonction de leurs opinions. Des décrets signés à chaque fois dans le plus grand silence.

En 2020, souriez, vous êtes fichés !

Le Journal Officiel s’est enrichi, vendredi dernier, de trois nouveaux décrets. Des ajouts réalisés sans trompettes ni tambours de la part du gouvernement. Pour cause, vu qu’il s’agit d’élargir les possibilités de fichage de la gendarmerie et des services de police. Alors qu’étaient concernés les citoyens exerçant une ou des activités politiques, religieuses, syndicales, le législateur a opéré un glissement sémantique. Le site d'actualité Next INpact, qui a mis en lumière cette évolution, explique qu’il s’agit désormais non plus « d’activité », mais « d’opinion » ou de « conviction ». Seront désormais dans le collimateur des institutions, les personnes "susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation (...) ou des institutions de la République”.

Un élargissement du périmètre soumis à un fort degré d’interprétation, comme le soulève la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés). Rares sont les professions, les mouvements de contestation, les associations qui ne rentreraient pas un moment dans l’une de ces cases devenues trous béants. Arthur Messaud, porte-parole de La Quadrature du Net, ONG de défense des libertés publiques s’inquiète de ce retour dans le passé auprès du journal “Le Monde” : “tout ce qui avait été enlevé du fichier Edvige, à savoir le fichage des opinions politiques et religieuses, et non plus seulement des activités politiques et religieuses, a été remis”.

2020 aime le fichage. A ces trois nouveaux décrets viennent s’ajouter ceux déjà parus les mois précédents. Tout d’abord celui du 22 février, qui autorise la prise de note par les gendarmes, sur une application mobile et non plus sur papier. «GendNotes» permet désormais l’enregistrement d’informations dites “sensibles”, dans une zone de commentaire libre. Ces données sont ensuite consultables par ses collègues, mais aussi les autorités judiciaires, les préfets, sous-préfets et les maires. Des informations (allant jusqu’aux photos) qui peuvent...

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