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Fabien Roussel : une campagne pour survivre

OPINION. Depuis ses récentes prises de position culinaires, le capital sympathie du candidat communiste Fabien Roussel a bien grandi – notamment à droite. Mais pour Régis de Castelnau, qui connaît bien le Parti communiste, son histoire et ses arcanes, il ne faut pas se leurrer.

Fabien Roussel : une campagne pour survivre


La percée médiatique de Fabien Roussel démontre une fois de plus que les adversaires stupides font les meilleurs agents électoraux. Cela avait été le cas pour Éric Zemmour à l’automne dernier, quand plus les repoussoirs habituels de la petite bourgeoisie bobo s’acharnaient contre le polémiste, plus celui-ci était légitimé et montait dans les sondages, au point qu’on avait fini par se demander si leur temps de parole ne devrait pas être décompté à son profit. Même motif, même punition avec Fabien Roussel. Tout à fait inconnu il y a encore deux mois, il a suffi qu’il prononce une phrase – pourtant d’une grande banalité – sur les traditions gastronomiques françaises pour que tous les imbéciles de la gogôche se précipitent pour vitupérer le fasciste suprémaciste blanc militant du retour aux fameuses sœurs zombres. Le candidat communiste a parfaitement vu l’ouverture, dans laquelle il s’est engouffré pour en rajouter une couche. Provoquant d’une part le ravissement des gogos de droite tout contents de retrouver les sensations que procurait l’ancien PCF, en mode souvenirs d’enfance et madeleine de Proust. Chez ces gens-là, Georges Marchais qui pourtant prenait cher de son vivant est aujourd’hui au bord de la béatification. D’ailleurs, Éric Zemmour, qui sait que l’accès au deuxième tour va se jouer à peu de choses, a vu le problème. Qu’il essaye de conjurer à coup d’un anticommunisme old school qui semble ne plus impressionner grand monde. Mais la gogôche n’est pas en reste, qui délègue ses porte-parole les plus ineptes (comme Sandrine Rousseau ou Alice Coffin) pour rabâcher leurs accusations, sans mesurer l’effet positif pour Roussel de cette contre-publicité. Et comme d’habitude, le système médiatique s’est trouvé un nouveau storytelling finalement bien utile. D’abord, ça occupe les plateaux et alimente des débats ; on y discute doctement du fait de savoir...

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