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Fonds Marianne : quand la politique macronienne du « coup de com’ permanent » tourne mal

ARTICLE. Le Sénat a remis les conclusions de son rapport d’information sur la création du Fonds Marianne qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Elles sont sans appel et prouvent que l’État, le gouvernement et la ministre Marlène Schiappa ont péché par amateurisme pour faire un coup de communication à peu de frais. Le tout au nom de Samuel Paty.

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C’est un rapport au vitriol qui met en avant la désinvolture de l’une des figures de proues des gouvernements de l'ère Macron. Le Sénat, dans son rapport d’information « sur la création du fonds Marianne » rendu ce 4 juillet, attaque Marlène Schiappa et son administration. Jean-François Husson, sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle (Grand Est), dénonce une opération de communication, une procédure de sélection opaque et un amateurisme — au bas mot — dans le processus de sélection des candidats et du suivi des opérations par la suite. Un gâchis qui serait déjà consternant en temps normal, mais qui le devient encore plus lorsque l’on rappelle les origines du « fonds Marianne ».

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste tchétchène. Ce drame a plongé la France dans la sidération la plus totale : un enseignant perdait brutalement la vie pour avoir fait son travail. Le 20 avril 2021, Marlène Schiappa, alors ministre déléguée chargée de la citoyenneté, annonçait vouloir livrer la guerre aux discours de haines sur les réseaux sociaux. « Je lance un fonds qui s’appellera le fonds Marianne », annonçait-elle alors au micro de Jean-Jacques Bourdin . Ledit fonds financera « ​​des personnes et des associations qui vont porter des discours pour promouvoir les valeurs de la République ». Une enveloppe de 2,5 millions d’euros est alors attribuée au projet.

Annoncé en grande pompe, le fonds Marianne a bénéficié d’un cahier des charges « rédigé dans l’urgence ». Plus surprenant : sur décision du cabinet de Marlène Schiappa, le calendrier a été radicalement accéléré. Les associations candidates auraient dû avoir entre mai et juin 2021 pour déposer leur dossier ; le délai aura été finalement raccourci de sept semaines, laissant ainsi bon nombre d’associations, pourtant spécialisées et qualfiiées, dans l’ignorance de cet appel-éclair aux candidatures....

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