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Jugement Sarkozy : un message très politique

OPINION. Une dizaine de jours après la condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy pour corruption et trafic d’influence, Régis de Castelnau fait le point sur les réactions des observateurs et de l’opinion publique. Selon lui, cette affaire ne concerne pas tant Nicolas Sarkozy que la démocratie française.

Jugement Sarkozy : un message très politique

La décision rendue par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de Nicolas Sarkozy, et de ses co-prévenus a suscité des torrents de réactions et de commentaires. Faisant apparaître de façon très nette un double clivage.

Tout d’abord on trouvait d’une part un premier groupe rassemblant ceux ayant eu possibilité de connaître le dossier, notamment lors des audiences de l’automne dernier, accompagnés des professionnels du monde judiciaire très surpris ensemble de la sévérité d’une décision reposant sur un dossier vide. Face à eux les habituels adversaires politiques de l’ancien chef de l’État animé par une aversion ancienne et qui ne se dément pas. Globalement ceux qui considéraient que cette décision était pour le moins anormale, étaient majoritaires.

Ensuite au sein de l’opinion publique consultée par sondage, la majorité se prononçait contre l’hypothèse d’une décision politique. Ce qui pouvait apparaître surprenant, toutes les études démontrant que l’opinion se défie aujourd’hui lourdement de la justice. Mais que subsiste encore un soutien dès lors que, même si c’est illégalement, elle frappe « les puissants ».

L’émotion et les polémiques étant un peu retombées, quelles sont les observations que l’on peut faire sur cet épisode ?

Une décision judiciaire doublement injustifiée

D’abord les observateurs, ayant durant trois semaines, assisté aux audiences au cours desquelles l’instruction a été quasiment intégralement refaite à la barre, avaient exprimé leur surprise devant le vide du dossier. Tout ça pour ça ? Celui-ci apparaissait vide et artificiellement construit au cours d’une instruction exclusivement à charge.

Rappelons brièvement les faits d’une affaire qui n’aurait jamais dû donner cette procédure judiciaire et son grand tintamarre. Le juge d’instruction qui enquêtait sur l’affaire Bettencourt, soucieux d’essayer d’impliquer Nicolas Sarkozy, avait, en violation de l’article 67 de la constitution qui établit l’immunité du chef de l’État, saisi l’agenda présidentiel du président. Comme d’habitude,...

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