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Luc Rouban : « Une nouvelle violence politique a émergé avec l’arrivée d’Emmanuel Macron »

ENTRETIEN. Luc Rouban, chercheur au CNRS et à Sciences Po, a récemment publié Les racines sociales de la violence politique (éd. de l’Aube). Selon lui, le macronisme a accentué le mépris social et entretenu la confusion des registres public et privé, achevant ainsi la publicisation de la vie privée appelée à se conformer à un nouvel ordre moral et social.

Emmanuel Macron
Luc Rouban, chercheur au CNRS et à Sciences Po, publie "Les racines sociales de la violence politique" aux éditions de l’Aube. ©Chang Martin/SIPA


Front Populaire : Dans votre ouvrage, vous affirmez que « la violence politique s’est dépolitisée ». Pouvez-vous développer votre idée ?

Luc Rouban : Je pars du constat très empirique d’une montée des violences dans la société française qui sortent du cadre habituel soit de la délinquance ou de la criminalité soit de la violence politique collective menée au nom de la révolution, de la lutte contre le capitalisme, contre les patrons ou même, inversement, au nom du rendement et des profits et qui s’exprime dans les conditions de travail ou dans l’exploitation des salariés. En fait, cette violence nouvelle a trois caractéristiques. La première est qu’elle échappe de plus en plus à la défense d’une cause. C’est le cas de toutes les violences enregistrées contre les élus locaux dans les petites communes notamment, contre les agents des services publics, les enseignants, les policiers évidemment, mais aussi les pompiers voire le personnel soignant des hôpitaux. La seconde caractéristique est qu’elle est interpersonnelle, s’inscrit dans une relation consumériste ou bien privative aux services publics au nom d’identités religieuses, d’une situation économique précaire, d’une déception face à la prestation de service....

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