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Macron, la forfaiture permanente

26/06/2020

En évoquant la souveraineté européenne, Emmanuel Macron commet une véritable forfaiture, en vidant de sa substance un terme qui forme la clé de voûte de nos institutions.

Macron, la forfaiture permanente

En France, le seul souverain, c’est le peuple.  La Constitution de 1793 le définissait comme « l’universalité des citoyens français ». Depuis 1877, associer le peuple et la nation tombe sous le sens et la volonté de les défaire sous le coup de la loi.

À cet égard, le souverainisme ne devrait pas constituer une sensibilité politique, encore moins une idéologie mais un bien commun juridique et une évidence morale.

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » précise notre Constitution.

En République, la défense de la souveraineté nationale ne devrait donc souffrir aucune contestation. Jusqu’en 1877, la monarchie a menacé la République. Jusqu’en 1991, le marxisme a contesté la nation.

Depuis 1992, l’européisme a pris la suite de ce révisionnisme institutionnel. C’est celui d’Emmanuel Macron qui invoque une légitimité nulle et non avenue (la souveraineté européenne). C’est l’opinion du journaliste Éric le Boucher qui veut nous « projeter dans la complexité post-étatique, en dépassant la chaîne Identité-Nation-État-politique selon laquelle « il n’est d’identité que nationale, il n’est de nation que par l’État, de politique que par la souveraineté, conception rouillée par le temps[1]. »  Quelle involution !

Les Romains parlaient de populus pour désigner l’intérêt général tandis que le terme plèbe correspondait à la partie la plus démunie mais aussi la plus nombreuse de la population romaine divisée en classes. Alors que les Romains étaient sociologiquement divisés en « gens » parfois constituées de « clientes » placées sous l’égide de « patrones », la République n’a jamais cessé de célébrer l’unité du peuple. Personne, pas même les empereurs n’oseront imposer des décisions contraires à la volonté du peuple. Et cette volonté, pour être légale, devait avoir été exprimée par une majorité de citoyens dûment convoquée par

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