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Réforme des retraites : l'impôt qui ne dit pas son nom ?

03/10/2022

ARTICLE. Serpent de mer de la macronie, la voilà de retour, la réforme des retraites. Emmanuel Macron n’en démord pas : les Français doivent et devront travailler plus longtemps. Peu importe la raison. Avec cette réforme, la Macronie crée un impôt sans l’avouer.

Réforme des retraites : l'impôt qui ne dit pas son nom ?


Travailler plus pour… on ne sait pas trop en réalité. Jeudi 26 septembre, Élisabeth Borne expliquait à BFMTV RMC qu’il était bien dans la volonté gouvernementale de prolonger l’âge effectif de départ à la retraite. Mercredi en marge du conseil des ministres, Olivia Grégoire, la Ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme avait tenu à qualifier cette réforme « d’indispensable ». D’accord, mais pourquoi ? Le financement du dispositif est-il en péril ?

Il n’est plus tant question de déficit des caisses de retraites, et pour cause, la situation est loin d’être catastrophique au point de justifier cette prolongation. Une étude de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi et de sa chaire « Transition démographiques, transition économique » — rattachée à Sciences Po — publiée en mai 2022 estime qu’il est possible de maintenir l’équilibre des comptes du système de retraites d’ici à 2032, à condition d’améliorer l’employabilité de 10 % de la classe des 55 - 64 ans, pour atteindre 66 %. Rien d’inatteignable en soi.

Le 22 septembre, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a remis son rapport annuel « des Évolutions et perspectives des retraites en France ». Problème pour Matignon et l’Élysée, non seulement le système de retraite aurait dégagé un excédent de 900 millions d’euros en 2021, mais cet excédent devrait s’élever à hauteur de  3,2 milliards pour 2022. Et si le COR note que les dépenses du système de retraite devraient à nouveau être déficitaires à compter de 2023, il devrait au pire se stabiliser autour des 14,7 % de PIB dès 2033, pour au mieux descendre jusqu’à 12,1 % du PIB en 2070. Sous réserve d’un taux d’emploi satisfaisant et en contrepartie d’une baisse du niveau de vie des retraités comparé aux actifs.

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