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Selon Erdogan, la loi séparatisme est un « coup de guillotine » pour la démocratie française

14/05/2021

ARTICLE. Le président turc s’immisce une nouvelle fois dans le débat politique français en appelant, mercredi 12 mai, au retrait de la loi « séparatisme » discutée ce mercredi en commission parlementaire mixte.

Selon Erdogan, la loi séparatisme est un « coup de guillotine » pour la démocratie française

C’est une fois encore Recep Tayyip Erdogan, le président turc, qui se fait le champion de la dénonciation de « l’islamophobie » française. Alors que ce mercredi 12 mai, des députés et sénateurs français ne réussissaient pas à se mettre d’accord sur le projet de loi « séparatisme » en commission, Erdogan en a profité pour appeler, ni plus ni moins, au retrait du texte, au motif qu’il créerait des « troubles au sein de la communauté turque ». Peu importe, pour lui, si en France, la seule communauté est la communauté nationale.

Le président turc voit en ce projet de loi un « coup de guillotine infligé à la démocratie française », une loi qui serait selon lui « ouvertement en contradiction avec les droits de l’homme, la liberté de religion et les valeurs européennes » et qui allait « mettre les ONG sous pression ». Pourtant, c’est bien en Turquie que le recul des libertés est le plus impressionnant. Sous le règne d’Erdogan, selon des chercheurs interrogés par Le Monde, les ONG subissent en effet un « harcèlement judiciaire » récurrent, les journalistes sont régulièrement emprisonnés – à l’instar du caricaturiste Musa Kart –, et les valeurs comme « le respect de l’État de droit avec un pouvoir judiciaire indépendant » sont bafouées.

Quand Ankara fait de l’ingérence sa ligne diplomatique

La cohérence politique n’est certes pas l’obsession du dirigeant turc. Il s’agit surtout pour lui de s’immiscer dans les affaires intérieures françaises et de faire appel au registre de la victimisation, particulièrement porteur en ce moment, pour mettre à mal la cohésion nationale. Pour lui, le projet de loi reviendrait à « forcer les jeunes à choisir entre leurs croyances et leur éducation ». Et le président turc de reprendre : « Il...

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