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4000 morts évités ? L’étrange publication du Conseil d'analyse économique sur le passe sanitaire

11/02/2022

OPINION / ANALYSE. Le Conseil d'analyse économique, rattaché aux services du Premier ministre, a publié en janvier une étude affirmant que depuis son instauration en juillet 2021, le passe sanitaire aurait permis d'éviter 4000 morts et d'amortir les dégâts économiques liés à la pandémie. Une maquette biaisée, d'après notre abonné, qui signe la présente contre-analyse.

4000 morts évités ? L’étrange publication du Conseil d'analyse économique sur le passe sanitaire


Sous la plume de M. Oliu-Barton, Bary Pradelski et Nicolas Woloszko, le Conseil d’analyse économique (CAE), organisme rattaché aux services du Premier ministre, a mis en ligne sur son site web le 18 janvier dernier une publication [1], dans laquelle il est affirmé que le passe sanitaire aurait eu pour effet de faire progresser de 13 points de pourcentage la proportion de la population totale vaccinée en France, et ainsi d’épargner 4000 vies humaines et de réduire les pertes de PIB à hauteur de 6 milliards (soit 0,25 point de pourcentage du PIB annuel).

 Les auteurs se livrent dans cette publication au même exercice pour l’Italie et l’Allemagne, qui ont introduit un système de passe sanitaire un peu plus tardivement, le 23 juillet et le 10 août respectivement. Pour ces deux pays, les auteurs concluent que les effets auraient été bien moindres qu’en France, que ce soit sur le taux de vaccination, le nombre de décès, ou l’activité économique.

L’objet du présent article est de montrer que cette étude, qui n’est pas exempte de reproches sur le plan déontologique, présente des failles importantes sur le plan méthodologique et aboutit à des résultats peu crédibles. L’un des auteurs (M. Oliu-Barton) est affilié à l’Institut Bruegel, think tank se revendiquant comme apolitique bien que fondé par Jean Pisani-Ferry qui avait activement participé à la campagne du candidat Emmanuel Macron en 2017 [2]. L’Institut Bruegel est financé (entre autres) par les entreprises Pfizer, Novartis et McKinsey à hauteur de 50 000 € par an chacune [3], ce qui est pour le moins gênant s’agissant d’une étude visant à évaluer les effets de la politique vaccinale du gouvernement français à la construction de laquelle ces entreprises ont activement contribué.

Il n’est pas mentionné dans la publication du CAE si la réalisation de cette étude...

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