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Affaire Hulot : considérations sur un lynchage

OPINION. L'"affaire Nicolas Hulot" a récemment défrayé la chronique. Le cas de l'écolo-macroniste accusé d'agressions sexuelles, livré en pâture – à heure de grande écoute et dans le plus grand mépris de la présomption d'innocence – aux tribunaux médiatiques, offre matière à réflexion juridique. Ce qu'a fait Régis de Castelnau.

Affaire Hulot : considérations sur un lynchage


Dans une actualité médiatique pourtant bien encombrée par la campagne présidentielle et la pandémie, on assiste à un lynchage médiatique géant dont la cible est une personnalité médiatico-politique considérable. Nicolas Hulot appartenait depuis très longtemps au système assez ridicule du classement des personnalités « préférées des Français ». Il avait mis en place dans les années 80 un business très lucratif, à base d’émissions de télévision particulièrement spectaculaires. Utilisant une incontestable popularité, et travaillé par l’ambition politique, il veilla à devenir dans les années 2000 une icône médiatique de la défense de l’environnement. Il fit un premier tour de piste en 2007, sans s’engager directement dans la campagne électorale, mais en faisant signer un « pacte écologique » par les principaux candidats. Constatant l’usage par les politiques du vieil adage de Charles Pasqua selon lequel « les promesses électorales n’engagent que ceux à qui elles sont faites », il tenta de franchir une nouvelle étape en participant à la primaire écologique en vue de la présidentielle 2012. Mauvaise pioche, il s’y fit écraser par Eva Joly qui se couvrit ensuite de ridicule pour aboutir à un désastre électoral. C’est dans ces conditions que soutenu par les dirigeants d’EELV avec lesquels sa proximité ne s’était pas démentie, il fit son entrée dans le gouvernement Philippe après l’élection d’Emmanuel Macron. Dès février 2018, il sera l’objet d’une première offensive médiatique dans laquelle il sera accusé de viol pour des faits remontant à 21 ans et pour lesquels le parquet saisi avait conclu que : « Les faits dénoncés, n'apparaissaient pas établis, et faisaient l’objet ce jour d'un classement sans suite en raison de la prescription intervenue. » Il fut alors fermement soutenu par la Macronie et l’on n’en parla plus. Il ne perdait rien pour attendre.

Sa sortie fracassante du gouvernement, l’ayant...

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