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Barbara Lefebvre: Traiter le cancer de l'islam politique

Hélas, en se ramollissant depuis quarante ans dans ses principes fondateurs, en tombant souvent dans le clientélisme politicien le plus vil, la République a laissé croire aux musulmans que l’islamisme était «une opinion comme une autre».

Barbara Lefebvre: Traiter le cancer de l'islam politique

En quittant son collège ce vendredi après-midi, Samuel Paty était probablement soulagé d’être en vacances. Ces sept premières semaines de cours furent éprouvantes entre les contraintes des mesures sanitaires, puis début octobre la tourmente, à la suite des attaques venant d’un parent d’élève. Ce dernier trouva assistance auprès d’un islamiste pro-Hamas membre du Conseil des imams de France, du CCIF, de la mosquée de Pantin. Ensemble, ils lancèrent une campagne mensongère sur les réseaux sociaux qui s’apparente à une fatwa contre Samuel Paty.

Dans cette épreuve, Samuel Paty se sentait-il seul ou soutenu par ses collègues comme il se devait? Peut-être a-t-il pensé que les vacances apaiseraient les tensions pour qu’il retrouve avec enthousiasme ses élèves le 2 novembre. Il regagnait donc son domicile, à pied, en cette fin d’après-midi lorsqu’il quitta brutalement Conflans-Sainte-Honorine pour se retrouver plongé dans l’Algérie des années GIA, dans la Syrie de l’Etat Islamique, dans l’Afghanistan des Talibans, dans le Nigéria de Boko Haram, dans le Mali des Signataires par le sang.

Car, par éclipses régulières, voilà où tombe notre France d’aujourd’hui. En quelques instants, une vie, des vies, basculent dans un autre espace-temps: celui du jihad. L’effroi nous saisit, l’émotion nous envahit, des hommages sont organisés. Mais jusqu’à présent, aucun combat sérieux contre le cancer de l’islam politique n’a été engagé. Enfermés dans le déni ou l’indifférence, depuis Creil en 1989, nos dirigeants ont préconisé l’homéopathie, puis après 2015 les lois anti-terroristes relevèrent du traitement antibiotique, tout aussi inefficace pour traiter un cancer.

Il fallait une chimiothérapie, doublée d’une longue radiothérapie en raison des nombreuses métastases résultant de trente ans de déni. Aujourd’hui, où est le dirigeant qui oserait un traitement de choc de dernier recours, prêt à ébranler tout le corps social pour cibler une minorité tyrannique mortifère?

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