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L’état-major exige que les frondeurs anonymes quittent l’armée

11/05/2021

ARTICLE. Le lundi 10 mai, le chef d’état-major des armées, François Lecointre, a rédigé un courrier à l’attention de ses troupes. En résumé, que ceux-ci se taisent ou parlent à visage découvert. Et quittent l’armée. Une tentative de contenir la fronde qui couve au sein de l’armée après la publication de deux tribunes.

L’état-major exige que les frondeurs anonymes quittent l’armée

Décidément, la “grande muette” a perdu de son mutisme légendaire. Il y a eu les soldats majoritairement retraités et signataires de la première tribune polémique d’avril. Puis la seconde, concernant des soldats anonymes en exercice et portée à nouveau par Valeurs Actuelles. Face à cette contestation inédite, l’état-major peine à contenir ses rangs. Afin d’apaiser les tensions, le chef d’état-major des armées, François Lecointre, a envoyé un mail à tous les chefs (état-major, région, régiments, détachements France et outre-mer) le 10 mai.

Dehors, les contestataires !

Dans cette missive, François Lecointre accuse les différents signataires d’avoir “transgressé” leur obligation de réserve, par des prises de position “éminemment politiques”. Dans un exercice d’équilibrisme guère aisé, il rappelle que les militaires ont bien le droit d’avoir des convictions… tant qu’ils les taisent. Si les militaires se sont manifestés, c’était "peut-être par naïveté”.

La fin du courrier est explicite sur le pourquoi de cette missive : “Dès lors que celles-ci (ndlr : les convictions personnelles des militaires) conduisent à une revendication politique incompatible avec l’état militaire et ses obligations (…) à une remise en cause de la stricte subordination au pouvoir politique républicain” alors “le plus raisonnable est certainement de quitter l’institution pour pouvoir rendre public en toute liberté ses idées et convictions”. Bref, dehors les contestataires.

Une réaction qui paraît démesurée eu égard à la teneur des deux tribunes. Accusés parfois — à tort -  de vouloir promouvoir la guerre civile en France, les militaires subissent l’ire de l’état-major. Fortement poussé par un gouvernement à l’aboi et trop heureux de pouvoir allumer un contre-feu aux nombreux échecs de sa politique, François Lecointre gonfle les muscles. Avec plus ou moins de succès.

Le ton employé dans cette lettre est toutefois moins virulent...

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