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Université française : « Merci de m’écrire en langue inclusive »

05/02/2021

ARTICLE. Une enquête du Figaro révèle l’ampleur de l’utilisation de l’écriture inclusive par les étudiants, les syndicats, l’administration et les professeurs à l’université. Entre pression sociale, menaces et censure, ce formalisme idéologique entend faire la loi malgré son inutilité et son irrationalité avérées.

Université française : « Merci de m’écrire en langue inclusive »

« Merci de m’écrire en langue inclusive, dans le cas contraire, je ne vous répondrai pas ». C’est ce que certains professeurs d’université rétorquent aujourd’hui à leurs élèves. Comme le montre l’enquête du Figaro parue ce jeudi, « l’écriture inclusive est désormais partout » dans les facultés. Une nouvelle étape semble donc avoir été franchie. Pour ne pas se faire mal voir de l’équipe pédagogique, les étudiants sceptiques se voient désormais dans l’obligation d’obtempérer. Les quelques enseignants qui osent s’opposer à cette pratique (notamment des linguistes) font face à la cancel-culture qui vise à faire taire les indociles.

L’écriture inclusive ou « langage épicène », c’est un style qui vise à diminuer la marque machiste du langage en incluant davantage le féminin. Dénonçant la règle du « masculin qui l’emporte sur le féminin », il s’agit par exemple de féminiser les titres (la ministre, la directrice, etc.), ou, de manière plus visible, d’insérer un point médian pour « double-genrer » un terme, par exemple : « Chère.s étudiant·e·s, Chère.s professeur·e·s ».

Cette écriture se base sur un socle idéologique et militant : celui de la théorie du genre. Cette doctrine défend l’idée de rapports sociaux entre les sexes, notamment d’une relation oppresseurs/oppressés et d’une lutte des « genres ». Pour Judith Butler, philosophe et grande apôtre de la nouvelle religion Queer, il faut « se réapproprier les catégories de domination et de les subvertir ». Cela passe par l’écriture qui « invisibilise les femmes et entretien les stéréotypes de genre ». Maïlys Derenemesnil, chargée de mission égalité femmes-hommes et non-discrimination à l’université Paris Nanterre, l’assume clairement : « Aujourd’hui, la généralisation de l’écriture inclusive relève d’une décision politique ».

Or, les professeurs d’université sont soumis, comme tous les fonctionnaires, au devoir de réserve qui stipule que «...

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