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Y a-t-il trop de personnes en prison ?

01/08/2021

DÉBAT. Avec une hausse de 15,7% en un an du nombre de détenus, le problème de la surpopulation carcérale continue de se poser. Faut-il réduire la surpopulation carcérale au profit d’autres peines, ou construire au contraire de nouvelles places ? C’est le débat de ce dimanche.

Y a-t-il trop de personnes en prison ?

C’est une réalité qui fait froid dans le dos. D’après les données statistiques du ministère de la Justice, près de 68000 personnes sont incarcérées en France, alors que le nombre de places opérationnelles dépasse tout juste 60 000. La densité carcérale a atteint au premier juillet les 112,5% dans les 188 établissements pénitentiaires.

Tandis que la Cour européenne des droits de l’Homme avait épinglé la France en 2020 en raison de son taux d’occupation des prisons largement supérieur aux capacités réelles, le problème de la surpopulation carcérale est plus alarmant que jamais. Face à ce constat, une alternative possible : vider les prisons au profit de nouvelles peines, ou construire au contraire de nouvelles places.

Avant de vider les prisons, éviter de les remplir inutilement

Pour les défenseurs de la première option, il s’agirait d’abord de ne pas remplir inutilement les prisons. Et notamment pour les individus qui, selon eux, auraient bien plus leur place en psychiatrie. Le problème restant le déficit d’accès aux expertises psychiatriques dans la procédure pénale, et notamment au cours des procédures pénales expéditives ou en correctionnelles. Non obligatoires, ces expertises ne voient bien souvent pas le jour.

Pour preuve, l’année dernière, un homme incarcéré en détention provisoire depuis le 23 juillet 2020 pour tentative de vol attendait une expertise psychiatrique pour être jugé. N’ayant pu être faite, le détenu est resté en prison à Nanterre jusqu’au mois d’octobre de la même année. Une situation inquiétante, quand les experts estiment de 20% à 30% le nombre de détenus souffrant de pathologies mentales, à défaut d’avoir mené de solides études épidémiologiques depuis 2005 malgré les demandes du milieu carcéral. «On assiste à un déplacement de l’hôpital psychiatrique vers la prison », s’alarmait déjà il y a près de quinze ans le Comité consultatif national d’éthique (CCNE)....

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