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La tirelire

CHRONIQUE. Tout au long de l'été, notre camarade Jean-Paul Pelras nous incite, avec ces chroniques champêtres, à nous replonger dans ce flot de souvenirs qui font notre identité collective. Aujourd'hui, souvenons-nous des tirelires où, enfants, nous cachions nos économies...

La tirelire

Evoquons aujourd’hui la tirelire qui, loin des gentilles boîtes où nous déposons nos économies, peut également signifier cet endroit que la révérence m’interdit de citer ici. Si ce n’est sous quelques déclinaisons argotiques comme le bégonia, l’abricot, l’as de pique ou le greffier. Sans oublier les non-moins charmants hérisson, Pays-Bas, mistigri et pâquerette.

Notons au passage que l’endroit peut également être qualifié de petit capital ou, comme dans les livres d’Annie Ernaux, de quat’sous. Ce qui nous rapproche, bien évidemment sans aucune transition possible, de ce petit cochon rose bien dodu équipé d’une fente sur l’échine et d’un bouchon en caoutchouc sous le ventre.

Il s’agit, bien sûr, de modèles contemporains imaginés pour assouvir l’impatience de ceux qui ne savent plus thésauriser. Les tirelires d’antan cédaient moins facilement aux tentations quand il fallait, pour accéder au petit Pasteur ou au mythique Delacroix briser le nourrain cher à Maître Capello afin de récupérer la dite épargne.

Idem, bien sûr, lorsqu’il s’agissait de pièces surmontées d’inoubliables semeuses et autres branches d’oliviers. Avec un franc, nous pouvions acheter la réglisse pour une semaine au tabac de Saint Urcize, les autocollants Panini à l’épicerie de Saint Côme  ou 2 glaces au bistrot de Curières.

Seule ombre au tableau, les chèques, dont nous ne savions que faire. Barrés, ils étaient établis au nom de nos parents qui devaient les encaisser avant de placer l’argent à la poste où le morceau de papier disparaissait, ultime crève cœur, derrière l’hygiaphone entre la petite balance des colis et la cabine du téléphone.

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