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Le pape fustige les « nouvelles formes d’égoïsmes nationaux »

05/10/2020

ANALYSE. Dévoilée hier, dimanche 5 octobre, l’encyclique Fratelli Tutti (Tous frères) se veut le condensé de la pensée du pape François. Appel louable à la fraternité universelle ou irénisme creux ? Les deux ; l’un parce que l’autre.

Le pape fustige les « nouvelles formes d’égoïsmes nationaux »

Le pape François est certes dans son rôle ; il reprend le cœur du message franciscain, s’adresse à la communauté des fidèles et trace un cap spirituel pour la fraternité universelle. On présente toutefois l’encyclique du pape comme très « politique » du seul fait qu’elle aborde des sujets politiques (les frontières, les migrants, les minorités, le nationalisme, la crise sanitaire, la guerre…). Du point de vue du réalisme politique toutefois, cette encyclique paraît largement apolitique ou antipolitique au sens où le traitement des thématiques abordées, ne quittant jamais le ciel de l’abstraction, semble largement déconnecté des réalités du monde. Si le cœur de sa circulaire vise à promouvoir la fraternité universelle, les chemins pour y parvenir semblent difficilement articulables, voire contradictoires entre eux.

La circulaire papale comprend 287 paragraphes réunis en huit chapitres. Le pape François y critique notamment les frontières et les nations rabougries. Il en appelle ainsi à « un nouveau mode de vie où nous découvririons définitivement que nous avons besoin les uns des autres et que nous avons des dettes les uns envers les autres, afin que l’humanité renaisse avec tous les visages, toutes les mains et toutes les voix au-delà des frontières que nous avons créés ! » Le pape dénonce également – dans le premier chapitre (« Les Ombres d’un monde fermé ») - les « conflits anachroniques »alimentés par des « nationalismes étriqués ». Il ajoute : « Dans plus d’un pays, une idée d’unité du peuple et de la nation, imprégnée de diverses idéologies, crée de nouvelles formes d’égoïsme et de perte du sens social sous le prétexte d’une prétendue défense des intérêts nationaux. »

C’est là que le discours du pape n’a rien de politique, en ce qu’il est une négation des catégories mêmes du politique. Selon le philosophe médiologue Régis Debray, il existe trois catégories transcendantales du politique, c’est-à-dire des caractéristiques qui...

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