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Couple franco-allemand : entre les États-Unis et la France, Berlin choisira toujours Washington

20/10/2022

ARTICLE. Le conseil des ministres franco-allemand ne se tiendra pas en 2023. Officiellement pour des questions d’agendas. Mais n’est-ce pas là la matérialisation de cinq années de cocufiage en règle de Berlin vis-à-vis de Paris ? La France d’Emmanuel Macron se serait-elle enfin lassée ?

Couple franco-allemand : entre les États-Unis et la France, Berlin choisira toujours Washington


Sont-ce les prémices d’une fin douloureuse du tristement célèbre « couple franco-allemand » ? Sans doute pas, tant il a survécu à de nombreux désaccords et de nombreuses traîtrises de la part du camp berlinois. Mais cet épiphénomène est le manifeste d’un parfum de tensions lancinantes qui secouent ce ménage depuis des décennies. Le Conseil annuel des ministres franco-allemand devait avoir lieu la semaine prochaine, il n’en sera donc rien. Tous les ministres concernés ne sont pas disponibles. C’est en tout cas la version officielle qui justifie le décalage de cette réunion à 2023.

S’il n’est pas possible d’affirmer que ce report soit lié à autre chose que des problèmes d’agendas, il intervient tout de même en plein désaccord entre Paris et Berlin sur le projet allemand de bouclier antimissile. Une affaire qui résume à elle seule la chimère du couple franco-allemand. Car le cœur germanique bat avant tout et depuis le 15 juin 1963 pour l’OTAN, au point d’avoir ajouté la référence à l’Alliance atlantique dans le Traité de l’Élysée.

En favorisant et pilotant le déploiement de l’European Sky Shield, Olaf Scholz inflige un camouflet à son homologue français qui a d’ailleurs refusé de faire partie des pays signataires du projet. Il s’agit d’un bouclier antimissile basé sur le système israélo-américain Arrow-3, qui serait développé sous l’égide de l’OTAN. Capable d’intercepter des missiles à plus de 2000 kilomètres, l’installation du système se ferait en Allemagne, et protégerait l’espace aérien européen.

Si Paris ne voit pas ce projet d’un bon œil, c’est qu’il remet en cause deux des grands principes de sa politique internationale. L’une qui guide sa politique de défense depuis le mandat du général de Gaulle, à savoir la dissuasion nucléaire. L’autre qui accompagne la politique de défense européenne qu’entend mener Emmanuel Macron décidément bien seul sur...

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