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Crise au Royaume-Uni : le Brexit coupable ?

23/10/2022

ARTICLE. Dans une tribune publiée mercredi dans Marianne, l’économiste Frédéric Farah revient sur les raisons de la crise en cours au Royaume-Uni. Selon lui, l’héritage du thatchérisme est bien plus en cause que les prétendues conséquences du Brexit.

Crise au Royaume-Uni : le Brexit coupable ?


Voilà maintenant plus de six ans que le feuilleton du Brexit a débuté. Depuis lors, les eurolâtres s’empressent de rapporter la moindre mauvaise nouvelle venue d’outre-Manche pour prouver l’impraticabilité du chemin de la liberté choisi par les Britanniques. Certains allant même jusqu’à faire preuve de bellicisme, comme Nicolas Sarkozy qui avait annoncé, le 7 février 2020, vouloir « saigner » les Britanniques pour le Brexit. Et pour cause, « un Royaume-Uni se sortant bien du divorce avec l’Union européenne ne serait rien de moins qu’une incitation pour d’autres pays à faire de même », avait rapportéL’OBS, précisant la pensée de l’ancien chef d’État.

« Imputer au Brexit les malheurs de l’économie britannique revient à confondre, comme l’idiot, le doigt et la lune » indique Frédéric Farah. Selon l’économiste, la crise que traverse le Royaume-Uni s’explique surtout par les retombées de la politique économique néolibérale de Margaret Thatcher qui « n’a jamais été réellement remise en cause », à l’heure où celle qui se voulait l’héritière de la ‘‘dame de fer’’ débarque au 10 Downing Street.

« Depuis quarante ans, le Royaume-Uni a été la pionnière de la révolution conservatrice dont nous mesurons les conséquences ruineuses aussi bien outre-Manche que dans le reste du continent où pareilles médecines ont été appliquées », rappelle l’économiste. Cette ‘‘révolution conservatrice’’, ou ‘‘révolution néolibérale’’, a été amorcée dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Elle consistait en une profonde remise en cause du rôle de l’État, à travers une forte réduction de son intervention dans les domaines économique et social. En revanche, l’État est mis au service du marché ; son seul rôle étant de garantir un cadre normatif à la bonne marche concurrentielle des affaires.

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