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Des abeilles aux hommes : comment prendre des décisions collectivement ?

26/07/2021

OPINION. Les débats à propos de la crise sanitaire qui déchaînent les passions amènent à prendre du recul sur la manière dont nous prenons collectivement les meilleures décisions possibles pour le bien commun. Selon notre lecteur, les sociétés humaines pourraient bien avoir à apprendre des ruches.

Des abeilles aux hommes : comment prendre des décisions collectivement ?

Les éclaireuses sont ces abeilles expérimentées qui parcourent l’espace alentour à la recherche d’une cache dans laquelle l’essaim au bivouac pourra s’installer et hiverner. Chacune revient éventuellement en compétition avec les autres raconter sur le dos de l’essaim le fruit de son exploration. C’est avec toute la force de leur conviction qu’elles s’affrontent ainsi. Celles qui sont rentrées bredouilles ou qui n’ont découvert que de médiocres sites repartent visiter les découvertes de leurs congénères et reviennent participer aux débats. Le processus se déroule jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une proposition en lice. Il s’avère que cette dernière est quasi systématiquement le meilleur choix possible.

L’enjeu — la survie de l’essaim — est donc soumis à une confrontation organisée d’experts. Le débat, public et ouvert, fonctionne de manière si efficiente en raison de la loyauté absolue des participants (l’abeille n’a pas d’ego à dorloter, ni de conflits d’intérêts à honorer, ni de biais idéologique, elle œuvre entièrement pour le bien commun) et de la compétence des éclaireuses.

Pour les humains, il s’agit de participer aux affaires qui nous concernent tous (la res publica). Cette loyauté, les Romains la nommaient fides (la bonne foi) et la considéraient comme l’attribut essentiel fondant la citoyenneté. Montesquieu faisait appel à une notion moins précise : la vertu. L’idée reste la même. L’homme, animal déprogrammé, est soucieux de son image, généralement travaillé par son ego et corruptible selon divers modes. Le débat démocratique des meilleurs lui est donc moins accessible qu’à l’abeille.

S’il n’était pas excessivement compliqué au citoyen de Rome ou d’Athènes de participer aux affaires de la cité, la société contemporaine est d’une telle complexité (technique et administrative) qu’il n’est de compétence que très partielle, par spécialisation. Et si les élus font souvent appel à des experts, ils choisissent généralement ceux-ci en fonction...

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