opinionsEnseignement

Enseigner dans l’arène du collège : la piste des Apprentis d’Auteuil

25/09/2021

OPINION. Dévaluation du métier, déclassement, détresse psychologique… Les difficultés rencontrées par les enseignants tendent à devenir insurmontables. Pour notre lectrice, les Apprentis d’Auteuil pourraient être un modèle à suivre pour sortir de l’impasse.

Enseigner dans l’arène du collège : la piste des Apprentis d’Auteuil

L’enseignement au collège public, c’est comme la gladiature : avant le cours, on s’en remet au dieu de la pédagogie ; pendant, on mène la lutte dans l’arène ; après, on se dit que c’est toujours une journée de gagnée. Si tous les établissements ne sont pas cauchemardesques et qu’à chaque rentrée scolaire, dans les JT, se succèdent des professeurs heureux d’en finir avec les vacances pour retrouver leurs classes de cols Claudine, un reportage entendu sur RTL le 16 septembre révélait que le nombre de démissions d’enseignants avait été multiplié par quatre en dix ans : de 364 à plus de 1470 en 2018.

Si l’explication de l’usure, ou de la curiosité pour d’autres horizons peuvent s’appliquer à toute profession, l’Éducation nationale semble néanmoins cultiver une spécificité douloureuse. Il y a encore une trentaine d’années, un professeur du secondaire était un notable, un intellectuel reconnu en tant que tel (Bac +4, 5 et au-delà) ; il vivait correctement, pouvait même acquérir un appartement à Paris, avait fait ce choix souvent par vocation et ne déversait pas trop de discours jargonneux idéologisés issus de la doxa officielle et bien-pensante dans ses cours. Maintenant, à part les agrégés, le corps enseignant est composé de prolétaires, maltraités, mal formés, culpabilisés, infantilisés, mal affectés, très mal payés et, cerise sur le plateau de cantine, très menacés.

Si la solidarité est la valeur la plus respectée chez les élèves — solidarité d’insolence, de jets de projectile, de claquage de portes, de records de décibels —, elle l’est moins chez leurs maîtres : pourquoi, avec leur capacité de blocage, sans avoir besoin des syndicats — surtout pas —, les professeurs n’ont toujours pas établi un rapport de forces afin d’exiger une augmentation de salaire conséquente et décente pour tous ? Pourquoi tout ne s’est-il pas...

Contenu disponible gratuitement

75 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour accéder à la totalité des contenus gratuits, vous devez vous connecter ou créer un compte.

Chargement des commentaires...

Vous aimerez aussi

FP+