opinionsANTIRACISME

L’antiracisme devenu fou

06/02/2022

CRITIQUE. Creusant son sillage dans les eaux troubles du wokistan, l’historien du racisme Pierre-André Taguieff propose dans L’antiracisme devenu fou (éd. Hermann) une remise au point sur la problématique antiraciste. L’antiracisme aurait muté en une forme de néo-racisme victimaire et identitaire.

L’antiracisme devenu fou


Le 1er juillet 2020, le prince Harry, petit-fils de la reine Elisabeth d’Angleterre, fait un discours à l’occasion de la cérémonie virtuelle des Diana Awards. Cette soirée récompense des jeunes qui « œuvrent dans le monde pour faire changer les choses ». Le prince présente alors ses excuses pour sa génération et les précédentes : « Le racisme institutionnel n’a pas sa place dans nos sociétés, mais il est toujours endémique. Les préjugés inconscients doivent être reconnus sans honte pour créer un monde meilleur pour vous tous. »

Cocasse de la part de quelqu’un qui, en 2005, se déguisait en nazi dans les soirées costumées. On passera également sur l’incohérence consistant à demander à ce qu’un « préjugé inconscient » soit « reconnu ». La problématique que pose cet épisode, symptomatique parmi tant d’autres, est celle de « l’âge de la culpabilité blanche ».

« Le racisme institutionnel est une formule creuse qui s’exporte aussi avec succès hors des campus universitaires américains et européens. Elle présente en effet l’avantage de permettre d’accuser à bon compte les démocraties occidentales », note Pierre-André Taguieff.

Et même s’il ajoute que « le vertuisme idéologisé n’est qu’une posture et la politique victimaire une impolitique », il demeure inquiétant de voir un président américain comme Joe Biden vouloir faire de « l’équité raciale » - qui présuppose l’existence d’un « racisme systématique » - un principe de gouvernement.

En réalité, une telle imposture n’aurait sans doute pas un aussi bel éclat mondial s’il ne procurait pas à ses adeptes un confort intellectuel et moral sans équivalent. Quoi de plus confortable que d’appartenir au camp du Bien dans la guerre mondiale du moralisme ? Quoi de plus confortable que se sentir appartenir à un groupe soudé - celui des "racisés" - de victimes supposées...

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