Plaidoyer utopique en faveur des langues latines
CONTRIBUTION / OPINION. À l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières, l’influence de la langue française et de ses sœurs latines décline, déplore notre contributeur. Une approche renouvelée de leur enseignement pourrait-elle freiner ce mouvement ?
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Le Mali, le Burkina Faso et le Niger viennent de quitter, en mars 2025, l’O.I.F. (Organisation internationale de la Francophonie). C’est certes un échec (de plus) de la politique de la France en Afrique, à cause de Macron, mais c’est aussi celui de cette organisation (OIF) budgétivore et attrape tout, dont les enjeux (pas très dissimulés) étaient devenus plus politiques que culturels et éducatifs.
Et pendant ce temps, l’influence de la langue anglaise ne cesse de progresser. Les publications scientifiques de nos chercheurs (en sciences, expérimentales et économiques) se font en anglais. Ursula Von Der Leyen ne s’exprime qu’en anglais alors que le Royaume-Uni a quitté l’UE… Et des pays dont la langue d’instruction était le français passent à l’anglais… En 2024, le Mali a abandonné le français comme langue officielle. Depuis 2023, en Algérie, les autorités sanctionnent les écoles (privées) qui tentent d’enseigner en français (une loi exige l’enseignement en arabe seulement). Seule la nomenklatura FLN, anti-française, a les moyens financiers de placer ses enfants dans des écoles francophones en Europe.
On observe aussi que, dans de nombreux pays où l’apprentissage du français était majoritaire, et même la langue des élites (Italie, Pays-Bas, Catalogne) l’anglais progresse rapidement aux dépens du français. Comme au Vietnam. Ou encore aux Philippines, aux dépens de l’espagnol. Cet engrenage est-il irréversible ?
L’espéranto aurait pu devenir — mais n’est pas devenu — la langue commune de l’humanité. Quant aux classes bilingues, dès l’école primaire, tous les éducateurs ont observé qu’elles perturbaient les jeunes élèves et abaissaient leurs résultats globaux.
On peut désormais entrevoir une nouvelle réponse avec les logiciels de traduction linguistique. Ils sont de plus en plus efficaces et, aussi bien pour l’écrit et que, bientôt, pour l’oral, ils rendront moins handicapés les non-locuteurs. Et donc, ils devraient réduire la dépendance à l’anglais.
Très...