Prime de fidélisation territoriale pour les fonctionnaires exerçant en Seine-Saint-Denis : un renoncement de la République
CONTRIBUTION / OPINION. Les fonctionnaires justifiant cinq années de résidence en Seine Saint-Denis ont accès à une prime spécifique, dite de « fidélisation ». Un droit particulier, consacré par le droit, qui acte un recul de la République, estime notre contributeur.
:max_bytes(300000)/frontpop/2026/04/SIPA_01262199_000075.jpeg)
Une chose me frappe depuis longtemps. Corollaire de la soif inextinguible de produire des lois, des textes normatifs, des règlements et des circulaires, l’affreuse impuissance qui se loge inéluctablement dans chacun de ces produits législatifs, boursouflés et abscons, prend la forme attendue de la prime ou du crédit d’impôt quand il s’agit d’inciter le destinataire, ou de l’amende (massive au possible) quand il s’agit d’interdire. Et d’ailleurs, interdire serait un moindre mal, preuve d’une volonté d’agir et d’améliorer le quotidien, il s’agit bien souvent de constater une réalité pour en mesurer la rentabilité pénale, et remplir à bon compte les caisses sans fonds d’un État ectoplasmique. Chaque automobiliste voit de quoi il s’agit. On s’accommode du répréhensible pour peu qu’il rapporte.
Voilà à présent qu’une prime est allouée à chaque fonctionnaire demeurant au moins 5 ans dans le riant département de Seine-Saint-Denis. On incite, donc. Outre que toute rupture d’égalité dans la loi, et plus encore dans le droit administratif, et plus encore dans le délicat sujet de la rémunération des fonctionnaires, est, par nature, objet d’interrogation. Outre que distinguer ce département par rapport aux 100 autres, et peut-être plus particulièrement aux départements d’outre-mer où la permanence des personnels demandent à être comparée, est difficilement compréhensible à l’aune même des principes du service public. Outre, enfin, la schizophrénie assumée de l’État, tenaillé par son aveuglement doctrinal, d’obédience libérale comme il se doit, et les nécessités quotidiennes d’une action de service public – bien entendre : au service du public – rigoureusement régalienne.
Il faut lire et comprendre ce décret comme il se doit : un renoncement.
Le renoncement, d’abord, d’agir comme la puissance publique devrait le faire, autrement que du coin de l’œil, face aux difficultés d’un territoire. L’œillade financière a quelque chose d’obscène quand depuis trop longtemps on s’est désintéressé du sort,...
:max_bytes(300000)/frontpop/2023/03/front-populaire-logo_3.png)
:max_bytes(300000)/frontpop/2023/03/front-populaire-logo_4.png)
:max_bytes(300000)/frontpop/2026/04/revue-presse-michel-onfray-188.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2025/07/SIPA_sipausa30221711_000002.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2025/01/SIPA_00701437_000001.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2024/11/nicolas-sarkozy-education-professeurs.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2024/11/democratie-france-souverainete-populaire.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2024/10/fonctionnaires-delai-carence.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2024/08/DE-GAULLE.jpeg)
:max_bytes(300000)/frontpop/2026/04/revue-presse-onfray-187.jpeg)