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Le dernier acte

CONTRIBUTION. Samedi 25 octobre, à l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, Paris était le théâtre de manifestations féministes. Mais après l'horreur du 7 octobre, la réalité du combat féministe ne pèse pas bien lourd face aux tropismes islamogauchistes, regrette Barbara Lefebvre, qui était sur place.

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Lorsque l’on vit en France et que l’on a la capacité de « voir et dire » le réel – pour paraphraser Péguy –, on sent qu’au fil des ans, des quinquennats, des crises, quelque chose se délite. Chacun qualifie ce délitement selon ses termes idéologiques, lui impute des causes, le politise à outrance ou non, mais rares sont les Français (et les nombreux étrangers vivant en France) qui ne constatent pas une dégradation profonde de notre espace de vie commune en tant que citoyens. Nous sommes dans le dernier acte de la République, peut-être le dernier acte de la France telle que nous l’avons connue, aimée, rêvée collectivement. La France comme territoire et pays existera toujours, mais comme nation, comme projet républicain d’émancipation, comme espace de libertés, la France aura disparu.

Lorsqu’on tente de sortir du gouffre dans lequel la faille du 7 octobre nous a moralement plongés, on se dit qu’il n’y a que l’action, modeste mais déterminée, qui peut conduire sur le chemin de la résilience. Comment croire encore en la République quand dès le 8 octobre, les actes et propos néga-sionistes et antisémites se déploient, tandis qu’Israël est sous le feu des missiles du Hamas et que Tsahal n’a pas encore ouvert (légitimement) le feu ? Il faudra plus de huit jours avant qu’Israël ne commence la moindre opération sur Gaza.

Lorsque le collectif "Hai nous vivrons" et le "Collectif 7 octobre" ont décidé de marcher samedi 25 novembre dans le cadre de la manifestation annuelle contre les violences faites aux femmes, nous nous sommes dit : nous, femmes françaises, juives ou non, militantes féministes ou non, nous devions être là. Soutenus par des hommes, féministes aussi.

Nous étions environ 300. Nous étions là pour interpeller tous ces collectifs féministes qui n'ont pas eu un mot pour les femmes,...

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