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Oui, notre démocratie est en danger

OPINION. Philosophe et essayiste, Anne-Sophie Chazaud est l’auteur de Liberté d’inexpression, paru chez L’Artilleur à la rentrée 2020. Dans ce billet d’humeur, elle interpelle chacun d’entre nous quant au climat liberticide qui s’étend en France de semaines en semaines. Jusqu’au point de non-retour ?

Oui, notre démocratie est en danger

Il est important que chacun comprenne bien la gravité de ce qu’il se passe en ce moment.

Pendant que la société du Spectacle se repaît d’un procès d’Assises exposé de manière obscène, délibérément mis en avant pour occuper les esprits à la manière d’une série Netflix (le titre de BFMTV, « Daval, la série », témoigne de l’abjection du procédé), tandis que chacun est cantonné chez soi, tandis qu’on allume des contrefeux inessentiels sur Dieu sait quel complotisme dont, dans le fond, on se fiche (par exemple, ma voisine croit aux cartes de tarot et Mitterrand s’appuyait sur la voyante Tessier, sa Raspoutine en jupons, et cela n’occupait pas tout le devant du débat public sous les cris d’orfraie d’une petite-bourgeoisie apeurée), pendant ce temps, donc, il se passe des choses d’une réelle gravité pour notre démocratie.

La casse de notre système de retraites, tout d’abord, qui, pendant qu’aucun mouvement social ne peut avoir lieu - et alors même que beaucoup ne font que songer à survivre économiquement à ce qui leur a été imposé (et dont nous apprenons au passage progressivement par les scientifiques que c’était inutile) -, a été remise sur les rails dans la loi de financement de la sécurité sociale, tranquillou bilou, alors qu’elle faisait la quasi-unanimité de toutes les professions contre elle, des avocats aux éboueurs, des médecins aux artisans.

L’état d’urgence sanitaire permet de faire régner un climat qui se révèle profondément liberticide de la part de l’exécutif qui en profite pour faire passer de nombreux dispositifs.

Il est certes de bon ton, dans le confort ouaté de l’entre-soi médiatico-parisien, tous bords confondus, de dire qu’il n’y a pas péril en la demeure, que non, nos libertés vont très bien et que la dictature ce n’est pas cela etc. etc., il est de bon...

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