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À Mont-de-Marsan, la guerre de l’eau est déclarée entre agriculteurs et écologistes

31/03/2021

ARTICLE. À grand bruit, des agriculteurs ont manifesté à Mont-de-Marsan, mardi 30 mars. Ils s’insurgent contre une décision du tribunal administratif de Pau qui vise à restreindre en partie la quantité d’eau disponible pour l’irrigation estivale. Décryptage d'un conflit entre écologistes et agriculteurs, sous fond de réchauffement climatique.

À Mont-de-Marsan, la guerre de l’eau est déclarée entre agriculteurs et écologistes

Des manifestations fleurissent depuis plusieurs semaines dans le secteur de Mont-de-Marsan, dans les Landes (40). Le 30 mars, répondant à l’appel de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles ), 1 500 agriculteurs ont mobilisé les tracteurs et ont déversé du fumier et des pneus devant la préfecture. Le 12 mars, des opérations « coup de poing » avaient lieu sur les ronds-points des Landes. On pouvait notamment y voir un mannequin d’agriculteur pendu. Un vent de révolte alimenté par la décision du tribunal administratif de Pau du 3 février 2021, autour d'un enjeu fondamental : l'irrigation des terres cultivables.

En décidant d’annuler l’autorisation pluriannuelle accordée au syndicat Irrigadour pour prélever les eaux de l’Adour entre de 2017 à 2022, le tribunal de Pau a accédé à la demande de plusieurs associations environnementales. La FNE Midi-Pyrénées, FNE 65, les Amis de la Terre 32 et la Sepanso Landes considéraient en effet que les prélèvements d’eau accordés aux agriculteurs n’étaient pas justifiés. De plus, les associations ont pointé du doigt la non-prise en compte des effets du changement climatique sur les questions relatives à l’eau.

Le tribunal administratif a jugé, après qu’un audit d’experts (l’Office français de la biodiversité et la mission régionale de l’autorité environnementale) a relevé les insuffisances de la gestion de l’eau par Irrigadour, l’organisme responsable du prélèvement d’eau à usage d’irrigation agricole dans le bassin de l’Adour. En attendant qu’un nouveau gestionnaire ne soit nommé, le jugement stipule que jusqu’au 31 mai 2022, le volume des prélèvements d’eau sera cantonné à la moyenne des dix dernières années. Soit près de 190 millions de mètres cubes ; environ 67 % de ce qui a été accordé ces dernières années.

Une limitation dure à accepter pour les quelques 4 000 agriculteurs qui puisent leur eau dans cette zone....

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