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Des fermetures d'hôpitaux pour défendre des abus de médecins intérimaires ?

ARTICLE. Le plafonnement des indemnités journalières des médecins intérimaires voulu par le gouvernement ne passe pas. Plus d’une centaine de services hospitalier pourraient fermer faute de main d’œuvre. Mais ce mouvement de contestation est-il justifié ?

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C’est une véritable manne financière pour certains médecins et un coût non négligeable pour l’hôpital public : 1,5 milliard d’euros environ. Le gouvernement, après plusieurs tentatives infructueuses, entend bien y mettre un terme. À partir du lundi 3 avril, les médecins intérimaires devraient se voir imposer un plafond journalier de 1 390 euros brut pour 24 heures d’intérim à l’hôpital.

Bien qu’il ait récemment augmenté de 20 % le plafond de ce montant journalier, le ministre de la Santé François Braun s’attend à des jours difficiles. Auditionné devant la commission des Affaires sociales du Sénat en octobre 2022, il avait d’ailleurs prévenu que lors de la mise en application du texte au printemps : « les intérimaires [allaient] se mettre en grève ou refuser de travailler, on le sait parfaitement, ça va durer un mois ». Pour le gouvernement, les rémunérations des médecins intérimaires étaient abusives.


Si le Véran de 2013 entendait le Véran de 2021…


« La majorité des médecins intérimaires n’avaient pas de tarifs excessifs, mais certains touchaient jusqu’à 5 000 euros pour 24 h de travail », rappelle Stéphanie Rist, députée Renaissance à l’origine du texte de loi instituant ce plafond, au micro de France Bleu. Les médecins intérimaires souvent sollicités dans les hôpitaux lors des besoins saisonniers ou des vacances temporaires étaient libres de négocier avec l’hôpital leur rémunération. Les intérimaires étant devenus la rustine d’un monde médical français en tension quasi-permanente, certains dirigeants hospitaliers n’avaient d’autre choix que d’accepter certaines demandes salariales élevées.

C’est cette liberté qui est dans le collimateur de l’État depuis le mandat de François Hollande. Olivier Véran, alors député PS, s’était vu confier la direction d’un rapport « Essor et dérives du marché de l’emploi médical temporaire à l’hôpital public » par Marisol Touraine, alors ministre de la Santé. Le futur ministre...

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