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L’Éducation nationale m’a tuer…

22/10/2020

TEMOIGNAGE. Au bout de presque trente ans d’enseignement, que dire…Il a fallu renoncer très vite à l’exigence et à l’autorité, et mêler cela à de la psychologie, à de l’empathie en permanence. Il a fallu éviter de faire des vagues !

L’Éducation nationale m’a tuer…

Mon grand-père m’a dit un jour : « tu seras instituteur... » Je ne comprenais pas trop l’expression, pour moi, vivant dans un milieu prolétaire où seul, le travail manuel est un critère louable voire existentiel si je puis dire, mais c’est vrai je travaillais bien à l’école, j’aimais lire, écrire, dessiner, (la main à la plume vaut la main à la charrue écrira Rimbaud…) avoir la compagnie des livres. Je décrochais de bons classements. Souvent dans le trio de tête, j’aimais apprendre. Mais l’instituteur, le professeur ne représentaient pour moi que des espèces de gens privilégiés, loin de moi, que je méprisais un peu.

Et puis, après des études de droit que je n’achevais pas, je signais dans le cadre du service militaire, un service volontaire long dans la marine embarquée car je voulais voir le monde et non plus simplement le lire, le vivre dans les livres de ces grands écrivains.

A mon retour, après maintes pérégrinations et expériences sur différents continents et océans, je reprenais mes études, mais de lettres et philosophie.

Après quelques années tout en travaillant à côté de mes études, je réussissais mon concours de prof de lettres (la philosophie restait plutôt d’ordre personnel pour moi) et du premier coup, grâce à un oral rue d’Ulm héroïque !

Et mon premier poste en tant que stagiaire en lycée fut une lourde épreuve... Face à des élèves indisciplinés, et une classe a trente-six élèves, ce fut difficile. Les parents se plaignaient, le proviseur adjoint m’avait convoqué pour me tancer, l’inspecteur voulait ma tête, bref, heureusement mon maître de stage grand humaniste me protégeât des foudres vengeresses des petits chefs et fonctionnaires zélés, lamentables personnages que je croiserais à nouveau dans ma carrière qui surjouent leur complexe de supériorité, sadiques ronds de cuir surgis du monde kafkaïen, incapables de mener...

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