sociétéCovid-19abonnés

Raids en ligne, harcèlement : quand une poignée d’extrémistes anti-vax affolent la toile

06/08/2021

ARTICLE. Depuis quelques mois maintenant, des internautes s’organisent sur la toile pour harceler quiconque promeut la politique vaccinale. À grand renfort de “raids” numériques, ils se font les apôtres d’une vision sectaire. Que sont ces mouvements V_V ou « Grand Réveil » ?

Raids en ligne, harcèlement : quand une poignée d’extrémistes anti-vax affolent la toile

Ils sont médecins, journalistes, restaurateurs ou hommes politiques. Pour avoir partagé leurs convictions pro-vaccinales ou prononcé publiquement leur accord avec la politique sanitaire, ils ont été la cible de raids de harceleurs anonymes sur leurs réseaux sociaux.

La technique de l’astroturfing

Depuis le début de la crise épidémique, le complotisme a connu un réel essor. Sur fond de confinement, de port du masque obligatoire et de vaccination, les discours invoquant « génocides », « viols », « Great Reset », « Nazisme », « Shoah », « satanisme » et « démons »… à propos des vaccins et des mesures gouvernementales ont augmenté en visibilité sur les réseaux sociaux. Ce grâce à des groupuscules qui, s’ils ne pèsent pas bien lourd en termes d’unité, explosent les compteurs en termes de messages.

Cette technique bien rodée s’appelle l’« astroturfing ». Elle consiste à faire croire à un mouvement spontané et une mobilisation massive autour d’un sujet sur les réseaux sociaux en créant l’illusion de la panique générale. En réalité, les centaines voire les milliers de messages édités sous la publication de la victime sont le fait de quelques comptes, factices ou réels, pratiquement tous anonymes. En inondant de commentaires outranciers un message public de la victime, ils manipulent les algorithmes des plateformes numériques qui mettent alors en avant leurs réactions et donnent le sentiment d’un avis largement partagé.


 Jean Petrilli | Twitter
Jean Petrilli | Twitter


Le phénomène des V_V

C’est ainsi que depuis 2020, les V_V ont émergé sur la toile. Importés d’Italie, où ils sont presque 7 000 sur Telegram, ils seraient environ 800 pour la branche française. Ces comptes arborent une photo de profil signée de deux lettres “V” rouges. Un “V” qui ferait directement allusion à “V pour vendetta”. Dans le film de 2006, un combattant de la liberté...

Contenu réservé aux abonnés

63 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

Chargement des commentaires...

Vous aimerez aussi