Santéabonnés

Après la crise, repenser notre modèle pour retrouver notre excellence

L’incapacité de la France à proposer une solution efficace face à la pandémie, le confinement total ; la mise en danger de nos soignants, les pénuries en masques, tests, médicaments et matériel divers, ont mis en lumière une réalité : notre système de santé, réputé un des meilleurs au monde, est en fait laminé de l’intérieur. Voici venu le temps de sa refonte totale.

Après la crise, repenser notre modèle pour retrouver notre excellence

La situation inédite dans laquelle a été plongé le monde – et singulièrement la France – met en lumière l’échec complet de la globalisation heureuse, vantée par les détenteurs du pouvoir politique, économique et médiatique. Faute d’avoir conservé la capacité de réponse rapide aux urgences sanitaires, nous avons été contraints d’utiliser la méthode archaïque du confinement total. Faute d’avoir su réserver quelques secteurs vitaux en dehors de la loi du profit, l’économie s’est trouvée à l’arrêt pour un temps indéterminé. Les Français savaient depuis longtemps que le nombre de lits dans nos hôpitaux était de plus en plus insuffisant mais face à la pandémie de Covid-19, ils ont découvert, médusés, que notre pays manquait de matériels médicaux essentiels (masques, tests, gel hydroalcoolique, appareils respiratoires...). Une situation digne du tiers-monde, qui a compliqué la gestion de la crise sanitaire et mis les soignants en danger.

Si l’idéologie sans-frontiérisme a causé beaucoup de torts, empêchant la France d’appliquer, comme Taïwan, un contrôle des frontières immédiat assorti de quarantaines strictes, puis une fermeture totale aux voyageurs en provenance des foyers actifs, le libre-échangisme et l’interdiction par l’Union européenne de toute politique industrielle sont largement responsables du dénuement dans lequel notre pays s’est trouvé pour affronter la pandémie. La délocalisation de nombreuses activités industrielles dans les pays où la main-d’œuvre est plus facilement exploitable en est la manifestation la plus flagrante.

Entre 1989 et aujourd’hui, l’industrie française a perdu plus d’un tiers de ses emplois, l’industrie pharmaceutique n’ayant pas échappé à cette hécatombe. Selon une enquête réalisée par l’Observatoire des investissements productifs pharmaceutiques et biotechnologiques, le nombre de sites de production en France est passé de 224 à 170 entre 2013 et 2015, soit une baisse de 24% en seulement deux ans. À l’échelle européenne, 80% des principes actifs sont désormais fabriqués hors d’Europe, principalement en Chine et

Contenu réservé aux abonnés

88 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

Chargement des commentaires...