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Émeutes urbaines : le cas d'école anglais

31/08/2021

Voilà dix ans, l’Angleterre connaissait un épisode d’émeutes urbaines d’une ampleur inédite. La réponse du gouvernement fut celle d’un État régalien qui assume ses responsabilités. La réponse de la société fut le dépassement de la différence communautaire. Efficace car doublement souverainiste.

Émeutes urbaines : le cas d'école anglais

Le jeudi 4 août 2011, au cœur du district de Tottenham, dans une banlieue déshéritée de Londres, des policiers spécialisés dans la lutte contre le trafic d’armes arrêtent un taxi. D’après leurs informations, le passager qui se trouve à bord, un homme noir de vingt-neuf ans, Mark Duggan, vient d’acquérir illégalement un revolver dont il a l’intention de se servir afin de venger le meurtre d’un de ses cousins.

Dès que le véhicule est stoppé, le suspect en descend. À partir de ce moment, la version des faits diverge sensiblement selon qu’elle est fournie par les passants ou par les forces de l’ordre : soit Duggan s’enfuit en tournant le dos aux policiers, soit il leur fait face en dégainant son arme. Mais l’issue est de toute manière fatale : l’homme reçoit une balle mortelle en pleine poitrine, tirée par l’un des agents. Plusieurs années après, une enquête officielle conclura que celui-ci était dans son droit. Mais dans les jours qui suivent le drame, la police commet une grave erreur en tardant à publier un récit cohérent des évènements et à en informer la famille du défunt. Résultat, au surlendemain de la fusillade, environ 300 manifestants se massent devant le poste de police de Tottenham pour demander des explications. Exigeant en vain de rencontrer un responsable, la foule reste sur place et garde son calme durant toute l’après-midi pendant que des policiers antiémeutes établissent un périmètre de sécurité autour du bâtiment.

Vers vingt heures, la foule commence à s’agiter. Une rumeur affirme qu’une jeune femme aurait été brutalisée par les forces de l’ordre. Des manifestants enragés mettent le feu à deux voitures de police. C’est le début de quatre nuits d'émeutes, qui vont s’étendre progressivement à d’autres arrondissements populaires de Londres et aux quartiers souvent défavorisés de nombreuses villes à...

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