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Euro, néolibéralisme et libre-échange : les dogmes économiques dans les médias

L’économiste Frédéric Farah décortique les raisonnements hasardeux tenus dans les grands médias afin de nous convaincre que l’État serait trop dépensier, menacerait les services publics et écraserait les Français d’impôts. Et que l’euro serait la condition sine qua non de la paix et de la prospérité.

Euro, néolibéralisme et libre-échange : les dogmes économiques dans les médias


La manière dont certains dogmes économiques se diffusent dans les médias, avec plus ou moins de subtilité et en empruntant divers chemins, appelle quelques constats.

Tout d’abord, on observe que ce sont des économistes dits « standards » ou « mainstream » qui tiennent très largement le haut du pavé dans les pages débats ou dans les éditoriaux aussi bien télévisuels que dans la presse écrite. Il en va de même pour les journalistes qui contribuent à la vulgarisation des enjeux économiques. Le plus souvent, ce qu’ils expriment n’est pas une adhésion bruyante au néolibéralisme, mais tient davantage du discours de fausse évidence.

La pratique la plus courante consiste à affirmer, à renfort de chiffres relatifs au poids de la dépense publique rapportée au produit intérieur brut (PIB) – dont on nous dit qu’il représente plus de 56 % du revenu annuel – que la France est championne de la dépense publique et des prélèvements obligatoires. Au-delà du caractère non significatif et biaisé d’un tel taux, son usage a pour vocation de laisser penser que la présence de l’État serait excessive, découragerait l’initiative économique et qu’il faudrait mettre bon ordre à tout cela. À quoi s’ajoute souvent une comparaison internationale, aussi maladroite qu’abusive, visant à suggérer que le monde entier nous sommerait de changer. Sans oublier le message convenu sur la dette publique, forcément inquiétante puisque supérieure à 100 % du PIB. Dès lors, la conclusion semble sans appel : l’État est partout, mais de manière excessive, poussive et contre-productive.

Bon nombre d’émissions se veulent non pas pédagogiques ou instructives sur le sujet, mais à charge. Ainsi le 10 décembre 2020, l’une d’entre elles, parmi les plus importantes dans le paysage audiovisuel français, C dans l’air sur France 5, fut édifiante. La présentatrice Caroline Roux commença ainsi : « C’est...

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