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Koweït

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Dans la nuit du 2 août 1990, quatre divisions mécanisées irakiennes traversent la frontière koweïtienne. Acheminés par bateaux et par hélicoptères, des commandos d’élite s’emparent des points stratégiques de la capitale. La surprise est totale. Les maigres troupes qui défendent le palais royal sont écrasées. L’émir Jaber al-Ahmad al-Sabah prend la fuite avec son entourage. Un « gouvernement provisoire du Koweït libre » est mis en place par Saddam Hussein, dirigé par un membre du parti Baas.

Le contentieux entre les deux pays est ancien. Au XIXe siècle, le Koweït faisait partie de la province ottomane de Bassorah. Il aurait donc dû être rattaché au royaume d’Irak en 1932. Soucieux de préserver leurs intérêts économiques, les Britanniques préfèrent en faire un protectorat. Le petit émirat n’obtient son indépendance qu’en 1961. L’Irak tente alors d’obtenir la rétrocession de cette enclave côtière et désertique qu’il considère comme une « partie intégrante du territoire irakien ». En vain. Une intervention énergique de la Ligue arabe l’oblige à reculer.

On peut comprendre l’agacement des Irakiens. Alors que le Koweït dispose d’un port en eaux profondes où peuvent venir mouiller porte-conteneurs et supertanker, l’Irak doit se contenter du port fluvial d’Oum Qasr, aux approches ensablées par les alluvions du Chatt-el-Arab et dont l’accès est barré par les îles koweïtiennes de Warbah et de Bubiyan. Le minuscule Koweït est également assis sur des réserves pétrolières considérables dont les dividendes, qui pourraient aisément financer le développement économique de l’ensemble de la Mésopotamie, ne sont pas investis sur place.

Loin d’apaiser les tensions, le soutien financier apporté à Saddam Hussein par l’émir du Koweït lors de la guerre Iran-Irak devient lui-même une pomme de discorde. En 1988, l’Irak doit 15 milliards de dollars à son voisin. Aux abois, Bagdad espère obtenir un aménagement de cette dette. Mais les...

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