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Pour un souverainisme vert

Comment l’écologie est devenue l’apanage des progressistes et pourquoi il est urgent de le leur arracher.

Pour un souverainisme vert

Il est tout à fait possible de protéger le climat et les frontières » : voici comment le jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz a résumé l’esprit de son alliance avec les écologistes en janvier dernier. Une coalition inédite bleue et verte qui a fait frémir d’horreur les écologistes français pour qui toute compromis allant plus loin que l’aile gauche du Parti socialiste relève du pacte avec le diable. En effet, partout dans le monde et en particulier en France, la thématique écologiste a été singulièrement préemptée par la gauche la plus progressiste, ses électeurs recrutant majoritairement parmi les bobos des métropoles mondialisées. Ainsi Daniel Cohn-Bendit, agitateur de Mai 68, qui rêvait d’interdire d’interdire et se définit politiquement comme un libéral libertaire, est devenu une icône des Verts français, jusqu’à obtenir le score historique de 16% aux élections de 2009.

Après la mort du communisme comme horizon utopique et le rattachement progressif du socialisme de gouvernement à l’économie de marché, l’écologie est devenue une matrice de substitution pour une intelligentsia en mal d’idéologie. Comme le dit le sociologue Jean-Pierre Le Goff, fin analyste du gauchisme culturel : « L’utopie d’une humanité réconciliée avec elle-même est réinvestie et naturalisée dans l’écologie : la sauvegarde de la planète devient le nouveau principe unificateur d’un monde fraternel et pacifié. » Deleuze écrivit ceci : « Être de gauche, c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi ; être de droite c’est l’inverse. » Rien n’étonnant à ce que la gauche se saisisse de la cause la plus globale qui soit : celle du climat qui, par définition, ne connaît ni histoire ni frontières. L’universalisme abstrait trouve avec l’écologie une nouvelle jeunesse. Le tiers-mondisme et la haine de soi trouvent également de nouveaux débouchés dans la mise en accusation d’un Occident accusé d’un nouveau crime : celui d’être responsable

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