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Reconstruire le droit pour reprendre notre souveraineté

Entre l’enclume européenne, ses traités, ses normes, et les marteaux que sont le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, la Cour de cassation et la Cour des comptes, le peuple français a progressivement perdu sa souveraineté juridique. Pieds et poings liés, les Français se retrouvent à l’heure d’un choix vital : se laisser imposer une dérive autoritaire ou reprendre en main leurs affaires... et leurs droits !

Reconstruire le droit pour reprendre notre souveraineté

Un jeune politologue américain, Yascha Mounk, a publié juste après l’élection de Donald Trump Le Peuple contre la démocratie(1). Il y analyse la montée des populismes comme symptôme de la crise de nos démocraties représentatives libérales. Dans un singulier renversement de perspective, il fait porter la responsabilité de cette crise aux peuples qui refusent le système que les élites occidentales tentent de leur imposer depuis de nombreuses années. Il dénonce la « dérive juridique et technocratique de l’exercice des pouvoirs » sans reconnaître qu’il s’agit d’un projet. Si la politique s’oppose de plus en plus aux opinions de la majorité, c’est parce que cette majorité manifesterait sa mauvaise humeur en se laissant aller à ses mauvais penchants, à base de populisme, de chauvinisme et de lèpre. Il faut donc la remettre dans le droit chemin, celui de la raison néolibérale, et tant pis pour la démocratie.

Singulier renversement de perspective, dans la mesure où cette révolte, que l’on disqualifie en la traitant de populiste, est précisément la conséquence de la dépossession des peuples de leur souveraineté politique. Exercée comme telle déjà dans la Rome antique, cette notion, reprise par la Révolution française, implique l’existence d’un peuple en soi et non pour soi, communauté politique d’individus rassemblés qui prend son avenir en main.

LE MÉRITE DE LA DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE

Rappelons que la démocratie représentative, système délicat et fragile, qui n’est pas sans défauts, a un mérite : celui de donner à l’expression majoritaire d’un peuple une légitimité permettant de gouverner. Si l’on est majoritaire à l’élection, on est légitime à tenir la barre pour une durée limitée. Et même ceux qui n’ont pas voté pour les vainqueurs devront leur obéir. Les trois conditions impératives de cette légitimité qui assurera la paix civile sont d’abord le mandat à durée déterminée avec l’assurance qu’au terme du mandat, une nouvelle

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