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Théorie du bourreau

La dynamique n'est pas bonne : le fort se passe très bien de justice, et le juste renonce à la force. Devant cet inquiétant constat, Michel Onfray, co-fondateur de Front Populaire, présente quelques pistes de réflexion philosophiques pour rendre au peuple les clefs de sa propre défense. Pas de survie sans souveraineté. 

Théorie du bourreau

L’idéal eut été que l’homme fut bon, or il ne l’est pas, loin de là. Dès lors, il faut un dispositif éthique, ontologique, politique, juridique à même de contenir cette méchanceté, afin de la prévenir, de l’empêcher, de la détourner, sinon de la punir. C’est ce qui définit le régalien, le pouvoir du roi, du souverain dépositaire de la volonté générale en tant qu’elle est la somme des intérêts particuliers exprimés eu égard au bien de la cité.

Ce pouvoir régalien nomme la violence d’État qui interdit la violence privée : c’est la violence sanglante du soldat, du militaire, du guerrier qui contient l’ennemi extérieur ; c’est la violence armée du policier, du gendarme, du CRS qui retient l'adversaire de l’intérieur ; c’est la violence feutrée des agents de renseignements et des services secrets qui travaille à la prévention de toute négativité sociale ; c’est la violence hiératique du juge, du magistrat, du directeur de prison et de ses gardiens qui interdit la plus grande nuisance de l’homme décidé à malfaire ; c’est le glaive dont la pointe équilibre les plateaux de la balance de la justice ; in fine, c’est le pouvoir qu’a le soldat de faire couler le sang.

Dans toute cité, les fonctions régaliennes s’avèrent nécessaires, à l’image des métiers d’égoutier, d’éboueur, de croque-morts, de vidangeur, de dératiseur. Le mieux serait en effet une cité sans eaux usées, sans poubelles, sans ordures, sans cadavres, sans cloaques, sans rats. Mais la perfection n’étant pas de ce monde, ces soutiers de la sanie s’avèrent indispensables à l’être et à la persévérance de l’être social, sauf à vouloir une cité recouverte d’immondices – or, il existe des humains stercoraires… Ces temps-ci d’ailleurs, ils pullulent.

Le monde se partage entre les tragiques et les naïfs. Les premiers croient ce qu’ils...

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