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Crise de l’artisanat : Réflexions d’un ébéniste de Cluny

25/06/2020

Non content d’avoir trahi la promesse du bien-être pour tous, le capitalisme industriel a réussi à détruire un tissu social vivant et riche, au cœur duquel s’érigeait la figure de l’artisan. Mais tout n’est pas perdu, et il est urgent de sauver ce qui peut encore l’être.

Crise de l’artisanat : Réflexions d’un ébéniste de Cluny

En 1840, Tocqueville publie « De la démocratie en Amérique » et partage son regard sur la Société américaine : "On voit un grand nombre d’hommes dont les désirs croissent plus vite que la fortune […] Une multitude de citoyens qui consentiraient à se satisfaire incomplètement, plutôt que de renoncer à l’objet de leur convoitise […] On conçoit alors qu’il y a un moyen expéditif de s’enrichir, vendre bon marché à tous. Or, il n’y a que deux manières de baisser le prix d’une marchandise. Trouver des moyens plus courts et plus savants de la produire ou fabriquer en grande quantité des objets à peu près semblables, mais d’une moindre valeur".

Ecoutons aussi William Morris en 1890 : "En d’autres temps, lorsque quelque chose leur était inaccessible, les gens s’en passaient et ne souffraient pas d’une frustration […] Aujourd’hui, l’abondance d’informations est telle que nous connaissons l’existence de toutes sortes d’objets qu’il nous faudrait mais que nous ne pouvons posséder et donc, peu disposés à en être purement et simplement privés, nous en acquérons l’ersatz. L’omniprésence des ersatz et, je le crains, le fait de s’en accommoder forment l’essence de ce que nous appelons civilisation."

Tocqueville comme Morris avait compris que le capitalisme industriel est tourné vers la multiplication des désirs plutôt que la satisfaction des besoins fondamentaux, laquelle se dégrade profondément pour une grande partie du peuple, par exemple l'accès au logement. Car si le produit industriel est accessible à presque tous, le travail manuel, artisanal est lui devenu inabordable. En 1900 le coût de construction d'un pavillon de banlieue est le même que celui de l'achat d'une petite automobile et correspond à 1 an de salaire d'un “employé supérieur“. Aujourd'hui la petite automobile ne coûte plus que 4 mois de salaire de cadre moyen, mais la construction de la maison

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