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Non, depuis 9h22 ce mercredi, « les femmes » ne travaillent pas « gratuitement »

03/11/2021

ARTICLE. D’après le collectif féministe « Les Glorieuses », à partir de ce mercredi 3 novembre, les femmes travailleraient gratuitement jusqu’à la fin de l’année. Pourquoi ? Elles seraient rémunérées 16,5 % de moins que les hommes. Sauf que ce chiffre est faux.

Non, depuis 9h22 ce mercredi, « les femmes » ne travaillent pas « gratuitement »


C’est une information qui circule depuis hier : selon la lettre d’information féministe « Les Glorieuses », à partir de ce mercredi (9h22), les femmes travailleraient gratuitement jusqu’à la fin de l’année. Une information qui revient chaque année chez certains médias en quête de chiffres excitants, mais dont la présentation caricaturale empêche toute analyse de fond.

Tout d’abord, il convient de revenir sur la présentation quelque peu fallacieuse du problème. Les inégalités sont pléthores en entreprise. D’après l’Insee et son étude « En 2018, le salaire horaire moyen varie du simple au double entre les cadres et les employés » - le salaire horaire moyen d’un cadre était de 29,2 euros contre 13,8 euros pour un ouvrier. Dans la logique de certaines féministes, cela reviendrait à dire qu’un ouvrier travaillerait… gratuitement à compter de mi-juin ! Qui s’en émeut ? Une étude de l’Apec publiée la même année relève qu’un cadre de moins de 30 ans est rémunéré à 37 000 € médians, contre 56 000 € pour un cadre de 50 ans et plus. Idem, cela reviendrait à dire que les jeunes cadres travailleraient…gratuitement à compter de septembre.

Le temps ne fait rien à l’affaire

Bien évidemment, il faut analyser en profondeur la nature de ces écarts. Que se cache-t-il derrière les 16,5 % soulevés par Eurostat et brandis par « Les Glorieuses » ? Partons de la base. Un rapport de l’Insee intitulé « Écarts de rémunération femmes-hommes : surtout l’effet du temps de travail et de l’emploi occupé » et publié en juin 2020 propose une analyse éclairante. L’écart moyen de rémunération net entre les hommes et les femmes, tout confondu, serait de 28,5 %.

Premier facteur de diminution de l’écart : Toujours d’après l’Insee, il y avait en 2016, 4,4 millions de salariés à temps...

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