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Eloge de la transversalité

02/12/2020

OPINION. Jusqu’ici, les animalistes ont démontré leur sens des responsabilités. Contrairement aux écologistes, ils ont compris que la cause animale ne saurait être assignée à un bord de l’échiquier politique ni soumise à ses vicissitudes et au rejet qu’il peut susciter dans une partie de la population.

Eloge de la transversalité

L’écologie, dit-on, n’est ni de droite ni de gauche. Mais les militants écologistes, encartés ou non, sont pour beaucoup bien à gauche, cela n’échappe à personne. Or, comment peut-on prétendre représenter une cause universelle et, de là, en appeler au consensus, quand on veut imposer par ailleurs un agenda politique que la plupart rejettent ? S’engager pour la planète ne revient pas nécessairement, loin s’en faut, à souscrire au wokisme, à la cancel culture, à l’immigrationnisme, à l’islamo-gauchisme ou d’autres dogmes envers lesquels les écologistes manifestent la plus grande grande complaisance, quand ils ne les font pas passer sciemment en contrebande de la protection de l’environnement. Résultat, cette cause vitale apparaît désormais comme un vulgaire wagon du gauchisme, ce train dans lequel de moins en moins de gens s’empressent de monter, et on peut dire que si l’écologie reste une cause importante aux yeux du plus grand nombre, ce n’est pas grâce aux écologistes, mais malgré eux.

Certes, la droite porte sa part de responsabilité dans cet accaparement par la gauche de l’écologie, elle qui s’en est volontairement dessaisie. Mais cela n’exonère pas les écologistes de leur propre responsabilité. Il leur incombait, quelles que soient leurs convictions, de ne pas donner une orientation politique ghettoïsante à une cause qui n’est en effet ni de droite ni de gauche, à l’instar, par exemple, de la cause animale. Pour ce que j’en sais, les antispécistes, quant à eux, n’ont pas cédé à cette tentation dans notre pays, malgré les pressions internes que chacun peut imaginer. Les médias conservateurs classent généralement l’antispécisme à l’extrême-gauche, et c’est vrai de bon nombre de ses militants ou de ses têtes pensantes. Mais ces mêmes antispécistes, plutôt libertaires, ont toujours voulu faire de l’animalisme une cause transversale, passant au-dessus des clivages idéologiques. En pratique, ils refusent d’exclure des...

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