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La France périphérique et les oubliés de la politique : généalogie (partie 1)

24/09/2021

OPINION. La France des oubliés identifiée par le géographe Christophe Guilluy a explosé à la figure d’un système médiatique aveugle à travers les GIlets jaunes. Comment ce phénomène de déclassement géographique a-t-il été enclenché ? Cette France des gens ordinaires parviendra-t-elle à se faire entendre en 2022 ? Éléments de réponse dans cette analyse en trois volets.

La France périphérique et les oubliés de la politique : généalogie (partie 1)


Depuis le plan Juppé de 1995, l’irruption d’un nouveau prolétariat s’étend des précaires aux indépendants en passant par la paysannerie. Derrière la défense d’acquis sociaux, de services publics fondateurs de l’identité de notre République s’affirme indéniablement le rejet massif du néo-libéralisme et de l’argent comme seul critère de régulation sociale.

Que ce soit des chercheurs de l’Institut d’études politiques de Bordeaux, comme Michel Cahen en 1995, Marc Blondel cette même année, François de Closets en 1998, Jean-Marie Le Pen en 2002, Bernard Cassen en 2003, Laurent Fabius en 2004, ou Christophe Guilluy en 2020, tous s’accordent pour dire le malaise du mal-vivre de ses populations, qui constituent la majorité des Français qui vivent dans les ceintures périurbaines ou la France rurale, dont le silence — pendant trop longtemps oublié dans des combats qui ne leur profitaient guère — a été rompu par l’actualité du mouvement des Gilets jaunes, en novembre 2018.

En effet, cette France périphérique — qui a puisé dans le déni opposé à ses difficultés d’existence pendant 40 ans l’aliment de sa rancœur, en novembre 2018 — est apparue dans sa vérité criante à la France protégée des effets de la mondialisation qui, jusque là se piquait de ses nobles sentiments sans éprouver ni compassion ni intérêt pour les effets délétères de l’explosion des inégalités et de l’avènement d’une société multiculturelle.

Et c’est assez significatif alors qu’une Marine le Pen, en 2009, évoque « ces agriculteurs, chômeurs, ouvriers, retraités, habitants des campagnes françaises, broyés par un système financier devenu fou » et accuse la caste politique UMP-PS de les considérer comme des « triples riens ». Comment alors lui refuser une certaine part de vérité, quand Emmanuel Macron en juillet 2017 distinguait dans des lieux publics et ouverts — comme les gares — des personnes « qui...

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