opinionsCrise Sanitaire

La Maison de passes

21/09/2021

OPINION. Plus encore depuis la crise sanitaire, le débat public a pris une tournure orwélienne dans laquelle il est de plus en plus difficile de critiquer de l’action de l’État, puisque « c’est pour notre bien ». Pourtant, les enjeux civilisationnels beaucoup plus profonds méritent mieux que la réduction de la pensée à laquelle on assiste.

La Maison de passes


« Le temps presse », écrivait Jacob Taubes dans la perspective apocalyptique qui était la sienne, par laquelle cet « archijuif », comme il se définissait, rejoignait l’un de ses plus amicaux interlocuteurs, Carl Schmitt. Le moment que nous vivons et que j’appellerai, par souci d’apaisement, « pandémie mondiale » est « historial » en ceci que l’histoire de l’oubli de l’Être et donc du nihilisme y franchit une étape supplémentaire qui se caractérise par ses profondes ténèbres, ce qui ne manque pas de sel — disons, plutôt, de chlorure de sodium — puisqu’elles sont éclairées par les néons glacés de la science et du progrès qu’en hommage à M. Homais et à la Pharmacie je serais tenté d’écrire avec des majuscules. Le problème est en effet celui du pharmakon : est-il poison ? ; est-il remède ?

Dans la perspective traditionnelle qui est la mienne, l’oubli de l’ambivalence des symboles est oubli de la métaphysique. La phase de la mondialisation dans laquelle nous sommes est marquée par l’accentuation de la privatisation du monde, donc, de la privation de monde. Les GAFAM, mais aussi les organismes supra-gouvernementaux, Bill Gates, George Soros ou Klaus Schwab sont bien plus puissants que les États — ne parlons pas des parlements ou des peuples fermement encadrés par les nombreuses formalités des procédures et des suffrages, mais, aussi, par la propagande médiatique, en dernière analyse issue des mêmes consortiums et « compagnies » ; s’ils ne sont pas encadrés juridiquement et administrativement, y compris par des « juges » eux-mêmes encadrés par les exécutifs, les peuples le sont par des structures politiques ouvertement autoritaires, voire tyranniques comme, par exemple, le Parti communiste chinois.

Le peuple qui n’est pas encadré ou qui rechigne à l’être sera, sous nos latitudes, réputé « populiste », troisième degré...

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