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Qui a saboté l'industrie française ?

Ces dernières décennies, des pans entiers de l’industrie française ont été bradés ou démantelés, souvent cédés à des capitaux étrangers. Le patronat brade, et l’État laisse faire… Alors que les enjeux de souveraineté économique n’ont jamais été aussi prégnants, il convient de s’interroger sur les causes qui ont conduit la nation à perdre le contrôle de nombre de ses fleurons industriels.

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Dans son livre L’Engagement, paru en 2020, Arnaud Montebourg livre un témoignage édifiant de son expérience de ministre du Redressement productif sous François Hollande. Dans le chapitre consacré à la manière dont Alstom fut vendue à General Electric, il raconte les coulisses d’une négociation qui n’aura été, en fin de compte, qu’un coup de force du géant américain qui entendait s’emparer d’un fleuron de l’industrie française, et notamment des turbines nucléaires Arabelle, fabriquées à Belfort. Outre la trahison du patron, Patrick Kron et celle du Conseil d’administration d’Alstom dont les membres furent grassement rémunérés pour valider l’opération, Montebourg met au jour le peu d’importance que l’exécutif accorde au maintien d’une souveraineté française dans un secteur stratégique.

À en croire son récit, tandis que le géant américain de l’énergie pouvait compter sur le soutien sans faille de l’administration américaine et de ses services, la France était aveugle. La DGSE – les services de contre-espionnage français – n’avait « rien vu, rien entendu », écrit Montebourg. « Où sont passées les analyses anticipatrices des esprits supérieurs de la fine fleur diplomatique, s’interroge-t-il ? Savent-ils au moins que la guerre économique était déclarée entre anciens alliés ? » La doctrine française en matière de renseignement, dit-il, est de ne pas espionner ses alliés… même si ces derniers ne se privent pas d’écouter tous azimuts, jusqu’au téléphone du président de la République, comme l’ont montré les révélations de Julian Assange. Au-delà de la question des moyens mis en œuvre en matière d’intelligence économique, l’ouvrage de Montebourg montre le peu de cas qu’on fait en haut lieu des questions industrielles.

Dans les cercles du pouvoir, la question d’Alstom se résumait à savoir s’il valait mieux vendre l’entreprise aux Américains de General Electric, option défendue par François Hollande et son conseiller économique Emmanuel Macron, ou aux Allemands de Siemens, le choix...

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