Ecologieabonnés

Adieu à la raison : la menace de Sparte

08/06/2021

Le XXème siècle, siècle rouge, a posé les fondations de son successeur, celui du catastrophisme vert. Michel Onfray retrace l'histoire intellectuelle de cet ascétisme militant et totalitaire qui creuse aujourd'hui son lit. Et devant cette nouvelle Sparte, austérité grimée en vertu, Athènes doit savoir faire face.

Adieu à la raison : la menace de Sparte

L’écologie est un mot récent, on connaît sa date de naissance, 1866, et son créateur, Ernst Haeckel, un biologiste philosophe qui définissait de la sorte une « science qui étudie les milieux où vivent et se reproduisent les êtres vivants, ainsi que les rapports de ces êtres avec le milieu ». La chose n’est guère plus récente car un signifié précède la plupart du temps assez peu son signifiant. Il faut attendre les ravages de la planète par la révolution industrielle conjugués à la technique libérée de tout usage éthique dans les domaines civils et militaires pour obtenir une véritable conscience écologique politique et donner au mot le sens qu’on lui connaît désormais.

Le XXe siècle a inventé les moyens d’effacer toute vie sur la surface de la planète avec la bombe atomique. On parle assez peu des effets ontologiques de la création d’une arme nucléaire et de son double exercice à Hiroshima et Nagasaki. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les hommes se sont offert, avec force génie scientifique, les moyens de se suicider collectivement et se sont comportés comme des enfants jouant avec des allumettes dans un magasin à poudre.
Outre cette bombe atomique, il y eut également des bombes au napalm qui ont été utilisées pour la première fois par les Américains en Normandie dans les semaines qui ont suivi le débarquement du 6 juin 1944, à Coutances près de Saint-Lô et, dit-on, près de Chambois, mon village natal, lors de la fermeture de la poche de Falaise. On sait qu’ensuite, cet armement qui incendiait les hommes, les bêtes, les forêts où se cachaient les Vietnamiens, a été utilisé avec la même désinvolture écologique.

Le productivisme qui fut l’horizon indépassable de la gauche et de la droite pendant des dizaines d’années, du marxisme-léninisme au national-socialisme,...

Contenu réservé aux abonnés

90 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

Chargement des commentaires...

Vous aimerez aussi