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Comment la gauche a transformé l'Éducation nationale en un gigantesque McDo

Pour Barbara Lefebvre, la baisse généralisée du niveau scolaire, la ghettoïsation des établissements défavorisés et les dérives communautaires observées chez un nombre croissant d’élèves s’expliquent autant par la gauche que par la droite aux affaires depuis cinquante ans. Sans compter la responsabilité accablante de l’intelligentsia progressiste des beaux quartiers, qui n’a eu de cesse d’ostraciser les lanceurs d’alerte.

Comment la gauche a transformé l'Éducation nationale en un gigantesque McDo


En 2004, le journaliste Éric Conan publiait une charge au vitriol, une analyse clinique argumentée contre l’abandon des classes populaires par les partis de gauche. La Gauche sans le peuple (éd. Fayard) décrivait, un à un, les renoncements de la « gauche de gouvernement » ralliée au capitalisme financiarisé et global via l’Europe maastrichienne, libre-échangiste et délocalisatrice. Le chapitre VII, consacré à la question éducative, était sous-titré : « Avec la destruction de l’école, la gauche renonce à la lutte contre les inégalités. » Une décennie plus tard, Carole Barjon, journaliste également placée à gauche, expliquait dans Mais qui sont les assassins de l’école ? (éd. Robert Laffont) comment cette gauche qui affirmait lutter contre l’école inégalitaire l’avait, dans les actes, rendue plus injuste, à coups « d’horreur pédagogiste » et de baisse des exigences dans les établissements les plus socialement défavorisés, ayant pour effet la désertion des classes moyennes et bourgeoises.

La mixité aux oubliettes

Comme nombre d’entre nous qui dénonçons l’abandon institutionnel de l’école publique depuis plus de trente ans, la journaliste de L’Obs rappelait que les premiers à inscrire leurs enfants dans des établissements privés – ou publics élitistes sur dérogation – se positionnent à gauche tout en proclamant leur attachement à la justice sociale et l’ouverture d’esprit. « Les dévots de l’équité aiment rarement partager », écrivait avec sagesse l’agrégé de lettres Michel Leroux en 2003. Cette hypocrisie, que je préfère qualifier de cynisme élitaire, a duré jusqu’à peu. Aujourd’hui, elle est vite démasquée et dénoncée, sans pour autant changer la réalité. À ce titre, notre actuel ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye (dont on a cru comprendre qu’il se définissait comme un « homme de gauche » ex-adhérent au PS), est au diapason de la corruption intellectuelle macronienne puisque ses enfants « pour leur sérénité »...

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