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Depuis 1999, l’euro aurait fait perdre 3591 milliards à la France

18/06/2020

Une étude du CEP (Centrum für Europäische Politik) publiée en février 2019 a relancé la question de l’estimation du coût de l’euro. Une addition colossale, notamment pour la France. La seule grande gagnante de l’introduction de la monnaie unique est l’Allemagne, qui aurait gagné 1893 milliards d’euros et, dans une moindre mesure les Pays-Bas, avec 346 milliards d’euros...

Depuis 1999, l’euro aurait fait perdre 3591 milliards à la France

Tout le monde s’en souvient : l’euro est devenu notre monnaie le 1er janvier 2002 après être entré en opérations le 1er janvier 1999 pour ce qui est des comptes. De nombreux économistes(1), et je n’ai pas été le dernier(2), ont souligné les problèmes que provoquait la monnaie unique. L’euro, incapable de produire la croissance que l’on en attendait et de protéger la zone euro des crises, comme on l’a vu en 2008-2009, a en plus eu un coût pour les pays qui l’ont adopté.

LE CONTEXTE DES ANNÉES 1980 ET L’ERREUR STRATÉGIQUE DES ÉLITES FRANÇAISES

L’origine de l’euro vient du rapport Delors, publié en avril 1989(3). Jacques Delors cherchait alors à construire un pôle de stabilité en Europe autour duquel pourraient s’agréger les pays de l’ex-camp soviétique. L’euro fut donc présenté comme une garantie contre les spéculations monétaires du Système monétaire européen (SME) et de l’ECU(4). Le SME lui-même résultait du rapport Werner, remis en 1970(5). Les pays européens cependant avaient fait le choix d’une libéralisation financière totale, largement inspirée par les socialistes français. L’histoire des crises que le SME a connues fut donc réécrite par les partisans de la monnaie unique comme celle d’une impossibilité à combattre la spéculation dans un cadre à plusieurs monnaies, sans mentionner le contrôle de mouvements de capitaux. La libération des capitaux était présentée comme un dogme, ce qu’elle n’était certainement pas.

L’objectif, de plus, était de compléter le marché unique européen(6) par une monnaie unique. En cela, l’euro était caractéristique de la période de la fin des années 1980. On était dans la montée de l’idéologie néolibérale, la déconsidération des nations et l’importance de plus en plus grande des structures supranationales. De cela, le traité de Maastricht porte la trace(7). L’idéologie de l’époque, et en particulier en France, était marquée par l’idée de la nécessité d’un dépassement des

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