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Donald Trump vs. le deep state

15/09/2020

Alors que Donald Trump envisage l’État profond (deep state) comme un grand complot visant à le destituer, son ancien conseiller Steve Bannon a toujours remis en cause l’idée d’une conspiration contre le nouveau président des États-Unis. Pour lui, personne ne dirige en sous-main une collusion active destinée à faire aboutir le processus d’impeachment. La réalité de ce que Trump appelle l’État profond est tout autre, affirme Bannon : les hauts fonctionnaires de la machine administrative américaine sont en majorité démocrates, libre-échangistes et militairement interventionnistes. Ils n’ont pas besoin de se concerter en secret et d’ourdir une sombre manipulation pour enrayer le programme politique d’un Président qui leur déplaît. Ce n’est donc pas en déjouant un complot imaginaire que Trump démantèlera l’« État profond », mais en nommant des hommes de confiance aux postes stratégiques de l’appareil bureaucratique. Or, il n’a jamais pris la peine de le faire.

Donald Trump vs. le deep state


Le 6 janvier 2017, quelques semaines après son triomphe inattendu aux élections présidentielles américaines, Donald Trump reçoit dans son bureau de New York la visite de James Clapper, le directeur national du renseignement, accompagné des directeurs du FBI, de la CIA et de la NSA. Les quatre hommes lui présentent les conclusions de leurs services sur les tentatives supposées d’ingérence de la Russie dans le déroulement du processus électoral. Leur verdict est sans appel : oui, Vladimir Poutine a ordonné une campagne visant à discréditer la secrétaire d’État Hillary Clinton afin de réduire ses chances d’être élue et saboter sa potentielle présidence. En outre, Poutine et le gouvernement russe ont développé une nette préférence pour le candidat Trump.

Le nouveau Président n’apprécie guère ces insinuations, qui mettent indirectement en cause sa probité. Il le fait savoir à ses interlocuteurs. Mais le pire est à venir. En aparté, James Comey, le directeur du FBI, lui confie qu’un rapport confidentiel rédigé par un ancien agent britannique, Christopher Steele, assure que les services de renseignement russes possèdent des informations sur diverses turpitudes commises par Trump avec des prostituées dans un hôtel de Saint-Pétersbourg. Même si Comey lui certifie que « le FBI ne mène aucune enquête à son sujet », le Président est furieux. Pour Trump et ses partisans, la cause est entendue : les services de renseignement cherchent à les déstabiliser, voire à les renverser. Et il ne fait guère de doute à leurs yeux que c’est l’administration Obama qui, en coulisses, tire les ficelles. D’autant que le dossier commence à fuiter dans la presse, sur les réseaux sociaux, et que les grands médias américains de gauche, CNN, le New York Times et le Washington Post ne se privent pas de le faire savoir.

Au fil des semaines, la polémique prend de...

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