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Droite et gauche, notions fixes ou relatives ?

26/11/2021

Partisan d’une approche historique des idées politiques, Arnaud Imatz montre, à l'appui d'innombrables exemples, que le prisme droite/gauche est loin d'être toujours pertinent pour comprendre les doctrines et les mouvements qui ont façonné la France depuis deux siècles.

Droite et gauche, notions fixes ou relatives ?


Qu’est-ce que la droite et qu’est-ce que la gauche ? Quels sont les arguments pour et contre ce clivage qui articule traditionnellement la vie politique des démocraties représentatives ? Et pourquoi est-il autant discrédité dans l'opinion publique ?

Par-delà les nombreuses définitions fournies par les historiens et politologues, deux approches s’affrontent : l'une, philosophique et essentialiste, l'autre, historique et relativiste.

La première cherche à définir l'essence, la nature intime des deux phénomènes, et contribue à renforcer ou à consolider le clivage. La seconde est empirique ; elle nie qu'il s'agisse d'absolus isolés, indépendants de situations contingentes (locales et temporelles), et conduit souvent à la remise en cause du système.

Définitions conventionnelles

Le point de vue essentialiste est défendu par de nombreux auteurs depuis plus d’un siècle. On peut citer, à droite, les Français René Rémond (1918-2007), Jean-Louis Harouel (né en 1944), Patrick Buisson (né en 1949) et Guillaume Bernard (né en 1972), ainsi que le Hongrois Thomas Molnar (1921-2010) ; à gauche, l’Italien Norberto Bobbio (1909-2004), l’Allemand Jürgen Habermas (né en 1929), le Britannique Ted Honderich (né en 1933) et le Français Jacques Julliard (né en 1933). Tous ont contribué à établir et solidifier les définitions conventionnelles. La plus courante assimile la droite à la stabilité, à l'autorité, à la hiérarchie, au conservatisme, à la fidélité aux traditions, au respect de l'ordre public et des convictions religieuses, à la défense de la famille et de la propriété privée ; la gauche à l'insatisfaction, à la revendication, au mouvement, au sens de la justice, au don et à la générosité.

Cette vision partielle tient la droite pour une réaction contre les Lumières, le progrès, la science, l'égalité et l'humanisme, apanages de la gauche. En simplifiant à l’extrême, on pourrait dire que la droite et la gauche reflètent l’éternel conflit entre riches...

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