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Fin des moteurs thermiques, l'UE fait le choix du tout électrique

Le jeudi 27 octobre dernier, les eurodéputés et les États membres de l’UE ont trouvé un accord qualifié « d’historique » pour une législation européenne qui engage la fin de la vente de véhicules neufs thermiques d’ici à 2035. Le Vieux Continent, qui a jadis connu la naissance du moteur à explosion, est aussi le premier à l’abolir : tout un symbole.

/2022/12/12_Moteurs


Aujourd’hui, le secteur automobile en Europe demeure puissant, mais stagne, voire décline depuis plusieurs années. À travers l’ensemble du continent, il emploie toujours près de 12 millions de travailleurs, tous métiers confondus. En France, 210 000 personnes vivent de la conception et de l’assemblage de véhicules, contre 330 000 en 2004. En quinze ans, les effectifs de l’industrie automobile française ont diminué d’un tiers. Jadis fleuron national incontesté, notre filière subit d’importants revers depuis plusieurs années.

À l’image de nombreuses autres industries comme le textile, les produits pharmaceutiques et tant d’autres, l’automobile a subi des choix stratégiques délétères, reposant principalement sur la mondialisation, les délocalisations, et une croissance exponentielle du commerce mondial qui en résulte. Processus antiécologique par excellence, ce cycle infernal a non seulement mis à mal la puissance industrielle européenne, mais aussi l’environnement.

Loin de réfléchir à une réorganisation des industries sur le continent qui serait de nature à satisfaire aux besoins de souveraineté économique et d’écologie, l’UE de Maastricht préfère rompre nettement avec le moteur thermique, sans anticiper les conséquences sociales et industrielles majeures qui en découleront. Comme souvent avec les décisions prétendument écologiques émanant de la technocratie, le passage au tout électrique résulte d’une vision politique à court terme qui pourrait s’avérer contre-productive à plusieurs titres.

De terribles conséquences

D’abord, la fin du moteur thermique engendrera de nombreuses destructions d’emplois. La filière automobile française anticipe entre 100 000 et 150 000 salariés débauchés. Comme avec d’autres catastrophes industrielles (à l’instar du textile dans le nord-est du pays), des territoires entiers vont sombrer dans la pauvreté. À cette grosse crise sociale s’ajoutera une forte hausse du marché de l’occasion, puisque les ménages les plus modestes n’auront pas les moyens de rouler à l’électrique. Dès lors, l’usage de la route sera plus élitiste. Les Français les plus riches...

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