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Insécurité : sentiment ou réalité ?

Moins connu que le Syndicat de la magistrature (SM) et l’Union syndicale des magistrats (USM), tous deux marqués par des positions qui confinent au gauchisme, il existe en France un troisième syndicat de magistrats, Unité magistrats (apparenté à Force ouvrière), nettement plus sensible aux attentes des citoyens. Nous avons demandé à ses deux principaux dirigeants s’ils voient l’insécurité comme un « fantasme », pour reprendre l'expression d’Éric Dupond-Moretti.

Insécurité : sentiment ou réalité ?

La question de l’insécurité est devenue un sujet hautement inflammable dans le débat public, traitée trop souvent de manière politisée lors d’échéances électorales ou parcellaires par le prisme du fait divers crapuleux ou de violences collectives comme les émeutes dans les banlieues. Cette manière française très singulière d’aborder le sujet de la sécurité ne permet pas de dépassionner un enjeu qui devrait être celui de l’intérêt général et du bien commun d’une société. À cette agitation médiatique répond souvent une législation de circonstance mal pensée et mal ficelée.

PERTE DU MONOPOLE RÉGALIEN

Néanmoins, les dernières lois votées sur la sécurité globale et sur le continuum de sécurité démontrent à l’évidence deux changements majeurs sur la question : la multiplicité des nouvelles menaces qui sont globales et complexes et l’impuissance de l’État à assumer seul sa mission de protection dans l’intégralité des composantes de la sécurité nationale. Cette perte du monopole régalien au profit d’acteurs de la sécurité privée implique une autre répartition, tant sur le plan institutionnel qu’opérationnel. Il se traduit par la tentation de recourir aux technologies de surveillance massive et banalisée dans l’espace public comme une solution « magique », au risque de porter atteinte aux libertés individuelles.

La mondialisation économique a également entraîné une interdépendance des acteurs avec l’ouverture des frontières politiques aux relations commerciales, aux investissements étrangers et à la finance internationale. La récente pandémie a révélé les risques encourus en termes de sécurité sanitaire face à la déréglementation, à la dérégulation et au décloisonnement, créant un climat d’insécurité. Le contrôle des technologies pose aussi des problèmes de sécurité et de dépendance des matières rares.

Pourtant, avant même de parler des nouveaux acteurs, le défi majeur reste celui du diagnostic de ces menaces qui dépassent largement ce qui est visible ou bruyant. Dans notre monde complexe...

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