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La brève aventure du Cercle Proudhon

Au cours du XXe siècle, la plupart des auteurs qui ont voulu « dépasser » le clivage gauche-droite traditionnel se sont à un moment ou un autre réclamés du Cercle Proudhon, un cénacle lancé à la veille de la Première Guerre mondiale par deux hommes bien différents : Édouard Berth et Georges Valois, l’un et l’autre oubliés aujourd’hui.

La brève aventure du Cercle Proudhon


Édouard Berth est né à Jeumont, à la frontière belge, le 1er juillet 1875. Venu s’installer à Paris en 1893, il y publie ses premiers articles dans les milieux socialistes et anarcho-syndicalistes, devenant très vite l’indéfectible ami de Georges Sorel (l’introducteur du marxisme en France), sous l’influence duquel il abandonne la préparation de son agrégation pour se mettre « au service exclusif du prolétariat ». Auteur de plusieurs ouvrages, où l’on reconnaît aussi l'inspiration de Pierre-Joseph Proudhon, il s’impose dès cette époque comme « l’un des meilleurs disciples et interprètes de Sorel » (selon les mots de l’universitaire Fabien Desmeaux).

Georges Valois, de son vrai nom Alfred-Georges Gressent, est né le 7 octobre 1878 à Paris, dans une famille ouvrière et paysanne. Son père, un Normand venu s’installer comme boucher à Montrouge en banlieue parisienne, meurt accidentellement trois ans plus tard. Élevé à la dure, le jeune garçon ressent bientôt l’envie de voir du pays. À l’âge de dix-sept ans, après avoir exercé divers petits métiers, il s’embarque pour l’Asie. C’est dans une librairie de Saïgon qu’il découvre un petit livre publié en 1872 par Jean Richepin, Les Réfractaires, qui annonce la mort de la bourgeoisie et le triomphe du prolétariat. Cette lecture le fascine. Il devient anarchiste et fera bientôt la connaissance, à peine âgé de vingt ans, de Georges Sorel.

En 1903, après avoir passé deux ans en Russie, il entre comme secrétaire aux éditions Armand Colin à Paris, alors dirigées par Max Leclerc, et découvre l’œuvre de Charles Péguy. En 1904, il adhère au premier syndicat des employés de l’édition, ce qui lui permet de faire la connaissance de Pierre Monatte, futur créateur de la revue La Vie ouvrière, puis de La Révolution prolétarienne. Mais c’est aussi à cette époque qu’à la suggestion de...

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